AGAPES FRANCOPHONES 2013
Ivan JOVANOVIĆ Université de Niš, Serbie 294 frontés au problème de l’adoption et de la compréhension de sa phraséologie. La sélection, la valeur stylistique, l’expressivité et l’utilisation d’un phrasème dans une situation concrète leur est inconnue. BoškoMilosavljevi ć souligne que chaque phra- sème doit être appris, maîtrisé, senti, vécu non par les dictionnaires, mais par les contacts vivants avec les personnes qui parlent cette langue et par la littérature (Milosavljevi ć 1994, 10). L’utilisation des phrasèmes par des locuteurs est d’une grande importance car ils font revivre la tradition et la culture des peuples et établissent des contacts plus étroits entre eux. Les phrasèmes font partie du système de communication interne des communau- tés homogènes où la pensée se transmet d’unemanière particulière. Leurs significa- tions sont déterminées par l’histoire et la tradition et sont claires pour tous les membres de la communauté (Milosavljevi ć 1994, 10). Le transfert des phrasèmes d’une langue à l’autre se fait dans une variété de situa- tions et de formes. Il existe donc une convergence entre les deux langues. Par exemple, une langue peut emprunter les éléments d’une autre langue vivante ou d’une langue qui a disparu il y a des siècles. DraganaMrševi ć -Radovi ć considère que depuis longtemps la phraséologie est traitée comme l’une des sources fondamentales pour présenter l’image linguistique du monde qui constitue « une base favorable pour des différents contenus culturels » (Mrševi ć -Radovi ć 2008, 5). Une des questions importantes pour la phraséologie est comment transférer ses éléments constitutifs d’une langue à l’autre. Selon Jean-René Ladmiral, la phrasé- ologie est une question marginale de la traductologie, mais elle représente cepen- dant un problème réel auquel le traducteur se heurte dans la pratique. Sur ce point, ce-dernier doit avoir des compétences professionnelles et doit parfaitement maîtri- ser ses langues de travail. Mais avant tout, il devra être capable de repérer les sé- quences polylexicales non compositionnelles propres au texte original qu’il est en train de traduire (Ladmiral 2013, 11). À ce propos Ladmiral propose de mettre en œuvre une phraséologie contrastive qui aurait pour but d’établir un catalogue de con- cordances idiomatiques entre les différentes langues concernées. Ceci veut dire qu’il faut trouver un équivalent global en langue-cible du phrasème-source afin de pouvoir le traduire. Dans les faits, bien entendu, il est très rare d’identifier d’une langue à l’autre des équivalences exactes et il conviendra en général de trouver un phrasème- cible dont le sémantisme soit suffisamment approchant (Ladmiral 2013, 13). NenadKrsti ć souligne que, dans la théorie de la traduction, lemodèle sémantique de la traduction est particulièrement important car il sert à expliquer le sens de nom- breux phrasèmes (non seulement des phrasèmes mais aussi des locutions, des pro- verbes, des dictons etc.) et à trouver leurs équivalents dans la langue d’arrivée. Le modèle sémantique prévoit que, dans la traduction, le texte original se réduit aux unités linguistiques qui auront un sens concret et deviendront les unités de la tra- duction. Selon la nature de la langue et de la nature du texte lui-même, l’unité de la traduction peut être parfois le morphème, parfois le lexème, et parfois le syntagme ou toute une phrase (Krsti ć 2008, 212). Matériel et méthodes Le matériel pour notre recherche est constitué des phrasèmes tirés des œuvres des écrivains français:Montaigne, Rabelais, La Fontaine,Molière, Balzac,Hugo, France,
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