AGAPES FRANCOPHONES 2013

Ivan JOVANOVIĆ Université de Niš, Serbie 296 2 Dans la langue française, « comme» est une conjonction lorsqu’il introduit uneproposition subordonnée: « il ment comme il respire». Lorsqu’il modifie le sens de l’adjectif ou du verbe, il est adverbe: « j’en suis resté comme abasourdi »; « Comme il pleut » (Riegel, Pellat, Rioul 2005, 515). Dans la langue serbe, « kao » est toujours analysé comme une conjonction quoi qu’elle modifie. Étant donné que dans le corpus français « comme » est toujours suivi d’un nom, on va l’analyser comme un adverbe de comparaison tandis qu’en serbe, il va être traité comme une conjonction. 3 Ce phrasème, existant dans toutes les langues, fait référence à une fable que l’on attribue au philosophe médieval, Jean Buridan. Ce serait lors d’un discours portant sur la difficulté de faire un choix sur le bien qui semble le meilleur, qu’il illustra ses propos par la fable de l’âne. Cet animal, affamé et assoiffé, n’aurait pas su choisir entre le seau d’eau et la brassée de paille qui se trouvaient aux égales distances de lui... Avait-il soif ou faim ? Cette indécision lui fut fatale (Weil, Rameau 2007, 132). 4 Dans cet exemple, nous pouvons conclure qu’il y a une présence du déterminat zéro devant le nom propre Buridan. C’est parce que ce complément de relation marque la possession et n’identifie pas une occurence particulière du référent, mais le considère dans sa plus grande généralité. 5 Dans les deux langues, le phrasème est motivé par l’image de l’âne dont le braiment est d’une intensité sonore remarquable. Le phrasème français contenant la structure: adj + adv 2 + SN composé de l’art + N, est traduit en serbe par la structure presque identique: adj + conj + N , excepté l’article indéfini des omis en serbe qui ne possède pas d’articles. Dans ce type de structure, le phrasème est un syntagme adjectival dans les deux langues. Âne Âne de Buridan 3 : Buridanov magarac. Signification du phrasème: une personne indécise. 1. « Encore ces derniers mots de la science morale ne sont-ils guère que l’excla- mation de Pyrrhon restant entre le bien et le mal, comme l’âne de Buridan entre deux mesures d’avoine » (Balzac 1971, 124). « Uostalom, ove poslednje re č i moralne nauke nisu ništa drugo do uzvik Pirona, neodlu č na izme đ u dobra i zla, kao Buridanovmagarac izme đ u dvemerice ovsa » (Balzak 1975, 73). Le présent phrasème français illustre la structure suivante: N + SP formé de la prép + dét. zéro 4 + N . Son équivalent serbe est constitué du SN que forment adj + N. Crier comme un âne 5 : drati se kao magarac. Signification du phrasème: crier, hurler. 2. « Quelquefois, un lion venait qui mangeait un âne; alors, tous les ânes se sau- vaient en criant comme des ânes mais le lendemain ils n’y pensaient plus et re- commençaient à braire, à boire, àmanger, à courir, à dormir... » (Prévert 1963, 165). « Ponekad bi naišao lav i pojeo nekog magarca; onda bi se svi drugi magarci u bekstvo dali i kao magarci bi se drali , ali sutradan ve ć ne bi mislili na to i opet bi njakali, pili, jeli, tr č ali, spavali... » (Prever 2002, 330). Le phrasème français est composé de V + adv + SN que forment art + N . Il est transposé en serbe de manière suivante: V + conj + N . Dans ce type de structure, les deux phrasèmes sont exprimés par un syntagme verbal.

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