AGAPES FRANCOPHONES 2013

Le transfert des phrasèmes avec des noms d’animaux du français en serbe 303 24 Fréquente en français au XIII e siècle, l’expression existait déjà dans l’Antiquité. On peut ainsi lire dans un texte du II e siècle: quand « l’homme ne peut distinguer le chien du loup ». « Entre chien et loup» désigne le soir ou le matin, moment de la journée où il fait trop sombre pour pouvoir différencier un chien d’un loup. Le chien symboliserait le jour puisque tout comme lui, il peut nous guider alors que le loup serait le symbole de la nuit, représentant une menace, mais également les cauchemars et la peur. 25 Dans ce phrasème nous remarquons la présence du déterminat zéro. En effet, il s’agit de comparaisons faites avec des matières concrètes: chien et loup, mais ce sont des idées abstraites, des concepts que l’on compare, alors l’article manque. Le phrasème français est exprimé par la structure V + SN formé de l’ art partitif à fonction caractérisante + N et est transféré en serbe selon son sens global : « elle me rend joyeux ». Dans ce type de structure, il est un syntagme verbal. Entre chien et loup 24 . Traduction littérale: između psa i vuka . Signification du phrasème: au crépuscule . 2. « Dans la vieille langue populaire fantasque qui va s’effaçant tous les jours, Patron Minette signifie le matin, de même que entre chien et loup signifie le soir » (Hugo 1951, 740). « Na starom, ć udljivom narodnom jeziku, koji se iz dana u dan sve više gubi, gazda Minet zna č i jutro, kao što između psa i vuka zna č i ve č e » (Igo 1978, 185). Le phrasème français est constitué de la prép + N + conj + N. Il est littéralement traduit en serbe étant donné que dans la langue d’arrivée il n’existe aucun équivalent lexical et sémantique. Selon le type de structure, le phrasème est une construction prépositionelle 25 . Conclusion En conclusion de cette analyse, nous pouvons d’abord constater que sept phrasèmes français sont traduits en serbe de façon adéquate c’est à dire que les traducteurs ont pu trouver leurs équivalents lexico-sémantiques. Cela nousmontre que dans les deux cultures, française et serbe, il y a le même rapport entre les expériences identiques ou similaires. Cinq phrasèmes français sont littéralement traduits vu qu’il n’existe pas, en serbe, d’équivalents lexico-sémantiques. Celadémontre que dans les cultures française et serbe les expériences identiques ou similaires sont conceptualisées d’une façon différente. Il est également à noter que six phrasèmes français, bien qu’ils pos- sèdent des équivalents sémantiques serbes, sont littéralement transférés. C’est parce que ces phrasèmes français tirent leur origine des œuvres littéraires et sont motivés par les images à l’aide desquelles les traducteurs ont exactement voulu évoquer et présenter les situations et les événements de l’époque des auteurs tels qu’ils étaient. Si jamais les traducteurs avaient employé les équivalents sémantiques actuels, le contexte n’aurait eu aucun sens. De plus, on peut remarquer que les structures les plus fréquentes des phrasèmes français sont les suivantes : a) N + SP; b) V + adv + SN; c) V + SN; d) V + SN + SP.

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