AGAPES FRANCOPHONES 2013
Estelle VARIOT Université d’Aix-Marseille, France 320 3 Cf., à cet égard, Estelle Variot, « Aspects particuliers à la traduction de dictionnaires », dans Atelier de Traduction et Plurilinguisme . Travaux de l’Equipe d’Accueil 854, « Cahiers d’Etudes Romanes », n°7 (volume double), édition réalisée par E. Variot, sous la direction de V. Rusu, Aix-en-Provence, 2002, pp. 187–209. 4 «Ună feátă límp 0 dă (1)/ dinmúnte si-aleápidă. (2)/ Trîş 0 în vale, la părnáre, (3)/ ‘ş 0 -astăl’é do 0 Túrţi n cále ; (4)/ un năpói-l’i, un năínte – (5)/ si chirú feáta di mínte. (6)/ – Daţ-vă, Túrţi, la ‘nă párte, (7)/ că n’i-u cálea mult díparte! (8)/ Daţ-vă, Túrţi, Daţ-vă, cîń 0 – (9)/ ńi-hi ß criştínă, hiţ pîng 0 ń 0 … (10)/ O-le-lé! Măráta feátă, (11)/ di do 0 Túrţi fu băşeátă, (12)/ di do 0 Túrţi fu băşeátă. (13)/ di si-află’ înfărmăcátă! » (14) – Plit . 947. [O fată strălucitoare (1)/ coboară de la munte. (2)/ Tocmai în vale, la ilice, (3)/ întîmpină doi turci în cale : (4)/unul în urmă-i, altul înainte – (5)/ fata se zăpăci. (6)/ – Daţi-vă, turcilor, la o parte, (7)/ că mi-e calea prea departe ; (8)/ Daţi-vă, turcilor, daţi-vă, cînilor – (9)/ sînt creştină, sînteţi păgîni… (10)/ Vai! Sărmana fată, (11)/ de doi turci fu sărutată! (12)/ De doi turci fu sărutată (13)/ încît se otrăvi (14)]. 5 « Anáθima car 0 deáde xeána, (1)/ Dumnidză’ s’ l’i-astingă bána, (2)/ că nă şcretuíră hoára. (3)/ Blăstimáţ s’híbá di nveáste (4)/ ş’ cáma mult di lá 0 le feáte (5)/ că li-alásă nimărtáte. (6)/ Chiragi, fă-ń 0 -te curbáne, (7)/ s’ ń 0 -adúţ 0 g 0 ónile dit xeáne. (8)/s’ ń 0 -adúţ 0 pri tu múnte, (9)/ ţ’ da ß fluri § le ţe-ám pri frúnte ; (10)/ s’ múnţil’ 0 ca si-áibă niór 0 , (11)/ sta ß s’mi baş 0 tine tre 0 or 0 , (12)/ ca s’ ţîń 0 mínte pî’nă s’ mor 0 ; (13)/ cára s’ lu-adúţ 0 pri geadé, (14)/ ţ-da ß fluri § cî’te s’ vre 0 , (15)/ Fóclu si-u-árdă ţeá Vlăhíe, (16)/ că ‘şi-fug g 0 on’ 0 tu ilichie ; (17)/ nchisésc g 0 on’ 0 l’i s’ v’ină- acásă – (18)/ es Vlăhúte ş’ nu-l’ 0 alásă. (19)/ Nu şti ß , lá 0 a-ń 0 , ţe si-ń 0 fac, (20)/ ńi-armáş ß fă’ră di bărbát. (21)/ ş’ ńi-ascúch 0 ß si’ndze din hicát » (22) (W, II, 84 ; Pant, 44–45). [Anatema celui ce descoperi streinătatea, (1)/ Dumnezeu să-i stingă viaţa, (2)/ căci înstrein ă rile ne pustiiră satul. (3)/ Blestemaţi să fie de neveste, (4)/ şi mai mult de bietele fete, (5)/ că le lasă nemă- la version française, nous avons choisi demaintenir ce plurilinguisme, afin de rendre honneur à son auteur et de mettre en valeur cette richesse en adjoignant une vari- ante française à toutes les citations originales. Certaines des thématiques – liées à la nature, à la cosmogonie, à l’ethnogenèse, entre autres – intégrées par Tache Papahagi, illustrent une mutualisation de cer- taines coutumes ou une forme de spécialisation régionale, voire balkanique 3 . On assiste donc parfois à « l’universalisation » de certaines coutumes qui s’ex- plique par les liens existant entre les peuples qui les partagent ou bien à une diffé- rence d’interprétation. Ainsi, certains thèmes-personnages sont envisagés de ma- nière positive par certains peuples et négative par d’autres. Il est d’ailleurs intéressant de noter que certaines de ces thématiques se re- trouvent dans un autre ouvrage de Tache Papahagi, Poezia lirică populară sous une forme différente, ce qui contribue à compléter notre vision dumonde par une trans- position plus ou moins naturelle et consciente des choses, des personnages ou des lieux dans notre propre univers. On peut ainsi citer le berger et lamontagne qui font intervenir, entre autres, les Aroumains. L’ouvrage, Poezia lirică populară, présente, par ailleurs, quelques similitudes avec le Mic dicţionar folkloric puisqu’il fait intervenir aussi le thème général, la ly- rique, en le déclinant sous divers aspects et en incluant des citations et auteurs du domaine dacoroumain, à côté des citations aroumaines, afin d’exemplifier aussi les ressemblances entre les deux dialectes. Cette tournure d’esprit, axée sur le comparatisme, favorise aussi une forme de voyage et de transposition culturelle et spirituelle, en faisant intervenir des mots de même racine ou différenciés, une graphie avec des voyelles et des consonnes diffé- rentes, entre autres choses. Les fragments de poésie sélectionnés dans Poezia liricăpopulară ( 325–326 [I] 4 ; 342–343 [II] 5 , en version aroumaine et dacoroumaine, présentent des possibilités
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