AGAPES FRANCOPHONES 2013
Tache Papahagi : un auteur d’origine aroumaine qui nous appelle à voyager 321 ritate. (6)/ Chiragiule, fă-mi-te luntre şi punte, (7)/ să-mi aduci pe mîndrul din străinătate. (8)/ Şi de-l vei aduce pe drumul de munte, (9)/ îţi dau galbenii ce am pe frunte ; (10)/ iar dacă munţii vor fi în nori, (11)/ stau să mă săruţi tu trei ori, (12)/ ca să ţii minte pînă vei muri ; (13)/ de-l vei aduce pe şosea, (14)/ îţi dau galbeni cîţi ai vrea. (15)/ Arde-o-ar focul acea Vlăhie, (16)/ că pleacă acolo flăcăi în etate de c ă s ă torie : (17)/ pornesc flăcăii să vie acasă – (18)/ ies Vlăhute şi nu-i lasă. (19)/ Nu ştiu, biata-mi, ce să fac : (20)/ rămăsei fără de bărbat (21)/ şi scuip sînge din plămîn. (22)]. de voyages, autant par les termes ou les structures employés que par les sens utilisés, et que par les possibilités de rapprochements avec d’autres livres de Tache Papahagi. Une double approche comparée sera proposée, linguistique, d’une part, et littéraire, d’autre part, afin d’ouvrir le lecteur à cet autre univers que constitue la vision arou- maine. Je précise, à ce niveau, que, pour certains passages du deuxième fragment, la variante dacoroumaine ne correspond pas tout à fait à l’aroumaine et que ceci a été spécifié par Tache Papahagi en italique, dans le texte original. Ceci peut s’expliquer, soit par le fait que la formulation a été enregistrée telle qu’elle a été entendue avec une perception autre, soit par le fait que l’auteur a perçu qu’il était nécessaire de pro- céder par synonymie ou périphrase, afin d’obtenir unmeilleur rendu dans la langue cible (le dacoroumain). D’unpoint de vue linguistique, on peut remarquer certaines différenciations con- cernant les parties du discours phonétiques, morphologiques et/ou sémantiques, notamment. On note de nombreuses évolutions phonétiques et alternances vocaliques et consonantiques ainsi que l’apparition de diphtongaisons, dans divers éléments des fragments choisis. Les démonstratifs sont assez différenciés du point de vue phonétique : aroum. l’é dans astăl’é (I, v. 4) : pour le masculin pluriel accusatif ; on aurait, au mot à mot cei en dacoroumain ; aroum. pr. l’i (I, v. 5) pour le féminin singulier génitif, au lieu de dacoroum. ei ; aroum. l’i (II, v. 2), au lieu de i en dacoroum. ; n’i (I, v. 8) (palata- lisation), pour le datif singulier première personne, au lieude mi , devant une voyelle ńi-armáş ß (II, v. 21) ; ńi-ascúch 0 ß (II, v. 22). En cas de proximité d’un second pro- nom, on a en aroumain la forme ń 0 : aroum. fă-ń 0 -te (II, v. 7), dacoroum. f ă -mi-te ; aroum. si-ń 0 fac (II, v. 20), dacoroum. să fac . Le pronom mi (datif) est présent en aroumain après la conjonction s’ : aroum. s’ mi başi (II, v. 12), le dacoroumain em- ployant quant à lui la forme accusative să-mă săruţi . S’agissant du masculin ou neutre singulier, on notera que l’élision de la voyelle de la conjonction "que" ( s’ ) en aroumain qui permet de lier le pronom au verbe : s’ lu-aduţi (II, v. 9, 14– lu étant une forme étymologique, du latin illlum ), alors qu’en dacoroumain on a să-l aduci (- l étant une forme plus évoluée). La forme aroum. nă (II, v. 3), avec - ă – qui existe aussi en dacoroumain ancien – peut être considérée comme présentant une alternance vocalique par rapport au da- coroumainmoderne ne ; à noter aussi aroum. blăstimáţ (II, v. 4), dacoroum. bleste- maţi (dacoroum. dialectal blăstemaţi ). Certains éléments sont communs à l’aroumain et au dacoroumain. C’est le cas de prépositions telles que din (I, v. 2), în, n (I, v. 3, 4), la (I, v. 3) qui sont respective- ment héritées du latin de + in, in et illac . L’article indéfini masculin singulier est identique en dacoroumain et en aroumain ( un (I, v. 5) [ un u et unlu étant des varia- tions] < lat. unus ). Par contre, le groupe prépositionnel latin de + in dit (II, v. 8, 22)
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