AGAPES FRANCOPHONES 2013
Estelle VARIOT Université d’Aix-Marseille, France 322 est attesté dans certains cas pour din – transformation de la nasale finale en dentale cf. T. Papahagi, Dictionarul dialectului aromân, general şi etimologic, p. 490) –, quand le dacoroumain le contracte en din . Le groupe pre + in connaît un autre sort en aroumain, avec la chute du -n final, pri (II, v. 9, 10, 14), même si, prin et prit sont également attestés (cf. T. Papahagi, Dictionarul dialectului aromân, general şi eti- mologic, p. 1013), tandis qu’en dacoroumain, il se produit à nouveau une contrac- tion : prin . Les conjonctions connaissent une légère alternance ou restent similaires : lat. sic, aroum. ş 0 (I, v. 4), dacoroum. şi ; lat. quod aroum. et dacoroum. că . S’agissant des numéraux, on peut noter lat. duus , aroum. do 0 (I, v. 4, 12, 13), dacoroum. doi . Idem pour lat. tres , aroum. tre 0 (II, v. 12), dacoroum. trei [présence d’un i analo- gique 0 (en aroumain), ajouté pour le pluriel]. Les adverbes en aroumain correspondent à des formes considérées comme ar- chaïques ou régionales en dacoroumain : năpoi, năinte (I, v. 5), par chute de la vo- yelle initiale héritée du latin i -). Le comportement des verbes est assez intéressant : lat. rapidum , aroum. si- aleápidă au passé simple (I, v. 2), dacoroum. [(a) (se) repezi ] : 3 e personne : se repezi ; présence d’alternances consonantiques - l -, - r -, lat. d -, aroum. - d -,-dacoroum. - z -, et d’alternances vocaliques : lat. - a -, aroum. - eá -, dacoroum. - a -, lat. - e -, aroum. - i -, dacoroum. -e-, lat. - um (chute du - m final), aroum. - ă, dacoroum. - i - ; autres exemples d’alternances vocaliques et consonantiques : lat. b ~ s 0 ~ re (fr. baiser ), aroum. băşeată , dacoroum. bezea ; lat. dare , aroum. daţ-vă (I, v. 7, 9), dacoroum. daţi-vă ; at. pharmacum ("sort", "sortilège"), aroum. înfărmăcátă (adjonction du préfixe latin în -), dacoroum. fermecat . Certaines formes verbales sont plus conservatrices en aroumain qu’en dacorou- main : lat. teneo, tenere > aroum. ca s’ ţîń 0 (II, v. 13), dacoroum. ca să ţii (pallata- lisation totale du - n - ( ń en aroumain) intervocalique et apparition de la diphtongue ; voir, aussi, aroum. s’ v’ină (II, v. 18), dacoroum. să vină . À souligner également l’alternance lat.- f -, aroum. - h -, dacoroum. - f - : lat. fire, aroum. híbă (II, v. 4), dacoroum. fie (voir, néanmoins, auniveaudialectal et, notam- ment chez I. B. Deleanu, dans Tsiganiada , la présence de formes en h -) ; lat. sum, fui, fire, aroum. n’i-u , dacoroum. mi-e ; aroum. ňi-hi ß (I, v. 8), dacoroum. eu sunt (alternance -f-, -h- ). D’autres alternances vocaliques sont présentes telles que : aroum. mor 0 (II, v. 13), dacoroum. mor ; aroum. da ß , dacoroum. dau ; aroum. şti ß , dacoroum. ştiu (II, v. 20) ; lat. exeo, exire , aroum. es (II, v. 19), dacoroum. ies . On peut souligner l’emploi en aroumain de deáde au passé simple (II, v. 1) (< lat. dare , dacoroum. dădu de/ deade : archaïsme disposant d’une forme plus forte : ré- fection du système à partir des formes faibles et apparition de la diphtongaison) quand le dacoroumain moderne et littéraire préfère utiliser descoperi . Pour ce qui est des substantifs : lat. feta devient en aroum. feátă (I, V. 1, 6, 11) et en dacoroum. fată ( en dacoroum. ancien, feată aussi ). À noter qu’en mégléno- roumain, très proche dans le cas présent de l’aroumain, on trouve la forme fêátă. De même, le mot türk donne au pluriel turţi (I, V. 4, 7, 9, 12, 13) en aroumain et turci en dacoroumain. L’alternance aroum. ţ’ , dacoroum. (î)ţi existe aussi pour les mots issus du latin, en particulier pour les pronoms : aroum. ţ’ (II, v. 10, 15) (devant -e, -i), aroum. ţea , dacoroum. acea . L’alternance aroum. -ţ 0 , dacoroum. - ci est confirmée, quant à elle,
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