AGAPES FRANCOPHONES 2013

Selena STANKOVIĆ Université de Niš, Serbie 342 1 En effet, il s’agit du « cas de la non-intégration (ni phonétique ni graphique) [qui] se pré- sente lorsqu’un sujet bilingue cite lemot étranger avec la prononciationétrangère appropriée» (Charaudeau 1992, 82). en espagnol et en latin, enfin et surtout un grand nombre de termes, de syntagmes et d’expressions et même des phrases entières en français. Selon la présence dans ce roman, le français occupe la seconde place parmi les langues citées, juste derrière le russe. Employé de cette manière, le français représente une sorte de lien entre deux communautés linguistiques, entre deux cultures : la culture des locuteurs de l’anglais et celle des locuteurs du français. Dans la traduction de Pnin en français (Pnine), les unités linguistiques françaises se trouvent le plus souvent complètement incorporées dans le texte sans être diffé- renciées ni soulignées. Quelquefois, tout de même, elles sont mises en valeur par l’italique, parfois elles sont remplacées par d’autres mots ou constructions ou bien elles sont simplement omises, etc. Partant de prémisses de la linguistique des contacts de langues et de la théorie de la traduction, le présent article se propose donc d’analyser le lexique français en version originale de Pnin et d’examiner les techniques utilisées en vue d’introduire et de transmettre des unités lexicales françaises et des éléments de la culture fran- çaise en anglais. Notre objectif est également de faire une analyse sur le statut des éléments linguistiquesmentionnés dans la traduction de ce roman en français : étu- dier le voyage de ces éléments de l’original à la traduction — prendre en considéra- tion les méthodes à l’aide desquelles ils sont transmis en vue de garder et de trans- férer les intentions expressives et les traits stylistiques et culturels du texte original. Matériel et méthodes Notre recherche est basée sur un inventaire lexical composé de constructions et mots français figurant dans la version originale du roman Pnin ainsi que de leur réa- lisation dans la traduction française de ce roman (Pnine). Nous prenons en considé- ration uniquement les mots qui ont gardé leur forme sur le plan graphique et qui n’ont pas été adaptés sur le plan phonétique au système de l’anglais 1 ; dans le texte, ils sont régulièrement mis en italique. Les lexèmes d’origine française qui sont mor- phologiquement complètement intégrés dans la langue anglaise ne font pas partie de notre recherche. Le matériel se compose donc de plus de trente termes inven- toriés parmi lesquels se trouvent des noms et des syntagmes nominaux, qui sont les plus fréquents, mais aussi d’autres espèces demots ainsi que des phrases complètes. Le statut de chacun des lexèmes français en langue anglaise (une unité lexicale est incluse/non incluse dans les dictionnaires anglais ; la date d’entrée en anglais, l’ap- partenance à la catégorie de mots, la signification du mot en français, la forme au pluriel s’il s’agit d’un substantif ou d’un adjectif, l’emploi en anglais) est constaté avec l’aide des dictionnaires d’anglais en version électronique: Dictionary and The- saurus—Merriam-WebsterOnline , CollinsEnglishDictionary et LongmanEnglish Dictionary Online . Pour ce qui est de la méthode que nous avons utilisée dans notre étude, c’est l’analyse contrastive allant de l’anglais vers le français vu le fait que l’ap- proche contrastive et la théorie de la traduction paraissent inséparables l’une de l’autre.

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