AGAPES FRANCOPHONES 2013

Selena STANKOVIĆ Université de Niš, Serbie 344 1 D’après L. Venuti (1995, 24), la méthode d’insertion des termes étrangers dans la langue cible est connue sous lenomde foreignization . Cet emploi deplusieurs codes linguistiques (des langues ou des dialectes) dans un même discours représente le phénomène qui est également appelé alternance de codes linguistiques (Filipović 1998). Le lexique français en version originale de Pnin : du français dans la langue anglaise d’un Américain russe Dans son roman Pnin , V. Nabokov se sert de l’insertion de termes et expressions français 1 , donc du procédé qui, selonHlebec (1989, 130–131), aboutit au rapproche- ment le plus intense entre deux cultures. Des unités lexicales françaises, étrangères à la langue cible (l’anglais), écrites constamment en lettres italiques, sont employées en tant que parties du texte. L’auteur du romann’a pas combiné cette technique avec une traduction ou une description des mots français ou bien avec une explication à l’intérieur du texte ; la signification des lexèmes français peut être parfois comprise grâce au contexte. C’est de cette manière-là que la langue française devient l’objet dont on parle et que l’énoncé entier est focalisé sur elle : [...] when decayedMme Roux, [...] come up for the rent while he was without his faux col, prim Pnin would cover his front [...]. (PA 7) [...] when he welcomed themwith a speech at a formal dinner given them by the Association of Russian Émigré Scholars at the Barbizon-Plaza [...]. (PA 100) [...] was made by the ugly, but adored by him, singer Pauline Viardot to play the idiot in charades and tableaux vivants [...]. (PA 36) ‘Perfect. Perfect!’ cried Pnin. ‘Let us finish my cruchon .’ (PA 140) The great work onOldRussia, awonderful dreammixture of folklore, poetry, so- cial history, and petite histoire , which for the last ten years or so he had been fondly planning [...]. (PA 32–33) [...] and that if Degas could immortalize a calèche , why could not Victor Wind do the same to a motor car? (PA 80) L’aspect extrême de laméthode d’insertion desmots de la langue source et de la pré- sence des unités lexicales étrangères dans la langue cible est désigné comme trans- fert imitatif (Hlebec 1989, 180) —dans le texte, apparaissent des phrases complètes ou de courts extraits de roman en langue source. Comme l’évoquent M. Sibinovi ć (1979, 97) et B. Hlebec (1989, 141), pour J. Catford, cette technique représente, en fait, une traduction partielle sous-entendant la transmission de certains éléments linguistiques soit parce que ceux-ci sont intraduisibles, soit parce qu’ils introduisent la couleur de la culture de laquelle ils viennent. Dans le roman Pnin , nous notons des exemples du transfert imitatif par lequel l’écrivain souligne la valeur et le rôle de la langue française en anglais: ‘I speak in French with much more facility than in English,’ said Pnin, ‘but you — vous comprenez le français? Bien? Assez bien? Un peu?’ ‘Très un peu , ‘ said Victor. (PA 87) Well, c’est la vie , as Eric so originally says. (PA 48)

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