AGAPES FRANCOPHONES 2013

Selena STANKOVIĆ Université de Niš, Serbie 348 duire est, donc, la reproduction de la valeur sémantique et esthétique d’une forme originale. Lors de ce processus, le matériel d’une langue est remplacé par le matériel d’une autre langue ; cela veut dire que, du point de vue linguistique, la traduction représente une vraie création originale (Levi 1982, 68, 110). D’après B. Hlebec (1989, 6–8), la traduction désigne un codage qui permet de reproduire les intentions exprimées dans un code linguistique (langue source) par de nouvelles réalisations dans un message énoncé en un autre code (langue cible). Dans Pnin , le lexique français sert de moyen linguistique informant le lecteur de l’attitude de l’écrivain/destinateur à l’égardde la culture française. Lesmots français insérés dans le contexte anglais laissent voir nettement les intentions expressives et les traits stylistiques du texte. Selon l’analyse de notre corpus, dans la traduction de ce roman en français (Pnine), le traducteur utilise certaines techniques en vue de la transposition des fonctions communicationnelles et de la transmission des caracté- ristiques stylistiques et culturelles de l’original. D’abord, les unités linguistiques françaises du texte source se rencontrent le plus souvent entièrement incorporées dans le texte cible, elles n’y sont ni isolées ni accen- tuées d’une façon quelconque. Ainsi, le français apparaît comme langue source et langue cible à la fois. Le fait que le traducteur se soit décidé à laisser ces termes s’in- tégrer dans le reste du texte dénote qu’il estime qu’en ce qui concerne un lecteur français, ces termes-là ne portent pas de signification typique pour le milieu natio- nal, culturel et historique. Le traducteur est néanmoins conscient que, dans la tra- duction du roman, ces éléments ont perdu de leur coloris par rapport à la version originale. Comme l’explique J. Levi (1982, 108–109), cette partie de la spécificité du texte s’est inévitablement dissipée : ‘[...] And here is the bathroom — small, but all yours.’ ‘No douche ?’ inquired Pnin, looking up. (PA 29) – Et voici la salle de bains par ici. Petite, mais toute à vous. – Pas de douche? demanda Pnine, en regardant en l’air. (PF 48) [...] his striking resemblance, somewhat en jeune , to Jan van Eyck’s ample- jowled, fluff-haloed Canon van der Paele [...]. (PA 129) [...] sa ressemblance frappante, en plus jeune, avec le chanoine Van der Paele, de Jan Van Eyck [...]. (PF 217–218) [...] to the other room where a supper à la fourchette is, I think, awaiting us. (PA132) [...] dans l’autre pièce où un repas à la fourchette nous attend, je crois. (PF222) [...] an anonymous Kafkaesque story in a ci-devant avant-garde magazine [...]. (PA 71–72) [...] l’histoire kafkaïenne anonyme publiée dans un ci-devant magazine d’avant- garde [...]. (PF 122) [...] a sybaritic smoking jacket of blue silk [...] won at an émigré charity bazaar in Paris [...]! (PA 126) [...] un veston d’intérieur, de sybarite [...] gagné à une vente de charité d’émigrés russes, à Paris [...]! (PF 213)

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