AGAPES FRANCOPHONES 2013

Les éléments lexicaux français dans Pnin de V. Nabokov et leur voyage de l’anglais au français 349 Pourtant, quand le traducteur pense que certaines unités linguistiques représentent certaines spécificités, certains témoignages, de la culture française, elles demeurent mises en valeur par l’italique : An unknown French woman with red hair called for Liza’s things and said, well, you cellar rat, there is no more any poor lass to taper dessus [...]. (PA 38–39) Alors, espèce de scélérat, il n’y a plus de pauvre petite sur qui taper dessus main- tenant ? (PF 65) [...] that Cendrillon’s shoes were not made of glass but of Russian squirrel fur — vair , in French. It was, he said, an obvious case of the survival of the fittest among words, verre being more evocative than vair [...]. (PA 132) [...] que les souliers de Cendrillon étaient faits non pas de verre, mais de fourrure d’écureuil russe, vair , en français. C’était, dit-il, un cas caractéristique de survi- vance du plus apte parmi les mots, verre étant plus évocateur que vair [...]. (PF 223) However, I have been called an enfant terrible for expounding this theory [...]. (PA 135) Il n’en reste pas moins que j’ai été appelé un enfant terrible parce que j’exposais cette même théorie [...]. (PF 227) [...] and something about the smooth silkiness of those dragées remained in his mind [...]. (PA 40) [...] et quelque chose de la blancheur soyeuse de ces dragées devait rester à jamais associé, dans son esprit [...]. (PF 67) Quelquefois, un lexème qui identifie explicitement lemilieu langagier et culturel ap- paraît marqué par des guillemets : [...] an especially able scholiast had already underlined in violet ink the difficult word oiseaux and scrawled above it ‘birds’. (PA 115) [...] un scoliaste particulièrement doué avait souligné déjà, à l’encre violette, ce mot difficile: « oiseaux » pour gribouiller au-dessus: « birds ». (PF 193) Laméthode suivante, employée pour la transposition des éléments lexicaux français de l’original à la traduction, est la substitution du terme par unmot, une désignation ou une expression analogue. Dans ce cas-là, comme le souligne Hlebec (1989, 130, 134) et comme le confirme notre analyse, le message de l’original se modifie — l’at- titude de l’énonciateur Nabokov à l’égard de la langue et de la culture françaises est neutralisée : To the latest issue of the school magazine Victor had contributed a poem about painters, over the nom de guerre Moinet [...]. (PA 81) Dans le dernier numéro de la revue du collège, Victor avait publié, sous le pseudonyme de Moinet [...]. (PF 138) It was the custom among é migré writers and artists to gather at the Three Fountains [...]. (PA 150) C’était la coutume, parmi les écrivains et les artistes de l’émigration, de se réunir aux Trois-Fontaines [...]. (PF 251)

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