AGAPES FRANCOPHONES 2013
Maria ŢENCHEA Université de l’Ouest, Timişoara, Roumanie 354 1 V. aussi Canton Rodriguez 2006. 2 Énoncée par Mortara-Garavelli, 2003 (apud Dufiet 2009). on a généralement recours à un discours de la séduction 1 , dans une perspective valorisante, conforme à la loi de positivité 2 . Dans la perspective de la typologie textuelle, on peut constater que les guides tou- ristiques comportent des séquences purement informatives (adresses, horaires, moyens de transport, etc.), descriptives (description d’un monument, d’une rue, etc.), explicatives (on explique, par exemple, des culturèmes, termes spécifiques porteurs d’une charge culturelle), narratives (histoire d’un site touristique) et pre- scriptives-injonctives (on guide les pas du touriste sur un itinéraire précis ; on for- mule des conseils ou des mises en garde). Les guides touristiques représentent un genre discursif qui – comme le rappelle Dufiet (2009) –, privilégie, d’une part, les connaissances culturelles, et d’autre part, la relation émetteur – destinataire, ce dernier étant souvent mis en scène sur le plan énonciatif. Ces caractéristiques auront, de toute évidence, des conséquences sur la traduction-rédaction de ce type d’écrits. Dufiet souligne l’idée que la traduction des guides touristiques n’est pas « une simple translation de code », mais qu’elle im- plique une « stratégie de discours culturel ». Il s’agit d’une traduction cibliste , qui doit adapter la stratégie discursive de l’original en vue de conserver son efficacité pragmatique (Dufiet 2009). En tant que médiateur entre deux langues-cultures, le traducteur doit avoir une très bonne compétence linguistique aussi bien en roumain qu’en français et une parfaite compétence interculturelle. La traduction, c’est le transfert du sens d’une langue à l’autre, et ce passage signifie, en fait, une ré-écriture du texte de départ selon la logique et les contraintes de la langue-culture d’arrivée. L’analyse des guides touristiques montre que, très souvent, la traduction ne ré- pond pas aux exigences de qualité, ce qui peut brouiller la compréhension des réa- lités culturelles roumaines et influencer demanière négative les décisions d’un voya- geur potentiel. À partir de l’analyse d’un corpus constitué de documents sur support papier (livres, brochures, plaquettes, dépliants) qui présentent divers aspects de la Roumanie touristique à l’intention des voyageurs français, nous essaierons donc de montrer dans quelle mesure ces textes constituent une véritable invitation au vo- yage, ou, tout au contraire, une « contre-invitation ». 2. Destinataire et énonciateur Les guides touristiques sur la Roumanie ont donc pour fonction de rendre familier, objectivement et subjectivement, l’univers culturel roumain, et, pourquoi pas, de faire rêver ; ils ont aussi une fonction pragmatique, qui consiste à « guider » de façon pratique le voyageur, en lui donnant les informations nécessaires et indispensables pour son voyage. Quels sont les destinataires de ces guides ? Il s’agit, principalement, de voyageurs étrangers, français ou francophones, dont on suppose qu’ils ne connaissent pas la Roumanie, avec ses us et coutumes. On envisage, le plus souvent, un touriste « géné- raliste », auquel on propose de découvrir le pays. Il peut s’agir aussi de touristes ayant un intérêt tout particulier pour un certain domaine, tel que le domaine reli- gieux, médical, culturel (par ex. participer à des festivals musicaux – doc. n° 17, ap- prendre le roumain – doc. n° 2, faire un pèlerinage dans un monastère – doc. n° 7).
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=