AGAPES FRANCOPHONES 2013

Maria ŢENCHEA Université de l’Ouest, Timişoara, Roumanie 356 3 Nous avons déjà commenté (v. Ţenchea 2002) plusieurs aspects très discutables du livre La Roumanie touristique , dont la traductrice se présente, de manière très étonnante, comme « chef de travaux » (sic!) (= maître-assistante). qui trahit néanmoins une influence plus oumoinsmarquée du roumain, mais il y en a qui sont rédigés dans un français discutable, franchement incorrect ou très appro- ximatif. On pourrait citer ainsi le livre La Roumanie touristique (doc. n° 5), dont nous avons déjà parlé ailleurs 3 , texte émaillé de fautes de langue et de « rouma- nismes ». Dans les documents figurant dans notre corpus, on peut identifier non seulement des problèmes de traduction du roumain vers le français, mais aussi des problèmes de rédaction et de construction textuelle. Dans ce qui suit, nous allons signaler et illustrer deux catégories de fautes que l’on retrouve dans ces textes et qui mettent en jeu aussi bien la compétence linguistique que la compétence interculturelle du tra- ducteur. a) Fautes concernant les noms propres, les référents culturels et la terminologie spécialisée La traduction des noms propres désignant des sites touristiques ou tout simplement des lieux géographiques s’avère être un gros problème. En principe, il faudrait con- server le nom d’origine (tout en indiquant entre parenthèses son équivalent usuel, si c’est le cas), pour permettre l’identification exacte et rapide des sites. On rencontre pourtant des combinaisons bizarres, des hésitations, des traductions inappropriées, etc. Par exemple, pour désigner l’endroit qui s’appelle PeşteraUrşilor (la Grotte des Ours), on emploie des formules hésitantes telles que : la Grotte de l’Ours / des Ours / à l’Ours (doc. n° 8). Le toponyme Cheile Galbenei (= les Gorges Galbenei « les gorges de Galbena ») est traduit – de façon incorrecte – par * les Quais Jaunes (en roumain, chei signifie soit quais , soit gorges ). L’oronyme (Munţii) Apuseni ne doit pas être traduit (comme on le fait dans le document n° 8 : les Montagnes de l’Ouest ) : il s’agit d’une chaîne de montagnes désignée en français par la formule les monts / lesmontagnes Apuseni (= lesmontagnes qui s’appellent Apuseni). Certains référents culturels conservent la forme d’origine, qui est d’usage en roumain, au lieu de la forme consacrée en français : * en marbre de Carrara (doc. n°5), au lieu de Carrare . Les fautes sont fréquentes également dans le cas de ce que nous appellerons la géographie urbaine. Voici quelques exemples illustrant la désignationdes rues et des places : Place Traian (doc. n° 4) (il faudrait ajouter entre parenthèses la forme fran- çaise du nom de l’empereur Trajan) ; si l’on a un nom au génitif, on traduira ce nom entre parenthèses : on devrait donc avoir, dans le document n° 4, la place Romanilor (la Place des Romains) ; la place Victoriei (= place de la Victoire) est désignée (dans le doc. 15) par la formule place Victoria (qui est une dénomination incorrecte). * Boulevardul Revoluţiei (doc. n° 4) est une formule hybride, roumano-française, pour parler de Bulevardul Revoluţiei (Boulevard de la Révolution). On note parfois l’absence de l’article défini : ex *Place Maria est dominée par … (doc. n° 4) (au lieu de : la place Maria) ; *place Opéra est une sorte de construction asyndétique, tout à fait incorrecte, pour la place de l’Opéra (doc. n° 4). Quant aux noms de quartiers, ils n’échappent pas non plus au «massacre » : * en Fabrique (roum. în Fabric « dans le quartier Fabric », doc. n° 4).

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