AGAPES FRANCOPHONES 2013
Voyages et communication interculturelle : la traduction des guides touristiques 357 L’édifice connuen roumain comme mănăstireaUrsulinelor (Oradea) ne peut pas être désigné par la formule hybride * le couvent Ursulinelor (doc. n° 8) ; il faut recou- rir à la traduction : le couvent des Ursulines . Şirul Canonicilor (= laGalerie des Cha- noines), à Oradea, devient (doc. n° 8) quelque chose d’absurde : * la file des Canons (en roumain cela donnerait quelque chose comme « ş irul / ş iragul tunurilor » !!!). BisericaAdormirii Maicii Domnului ( l’Église de l’Assomption ou l’Église de laDor- mition , selon la formule consacrée en français) devient * l’ Église de l’Assoupisse- ment (sic!) de la Vierge (doc. n°4). Dans les guides touristiques, les informations objectives se rapportent souvent à certains domaines spécialisés (architecture, histoire, religion, etc.), ce qui implique l’emploi de termes spécialisés ou de noms propres spécifiques, dont il faut connaître la forme consacrée dans la langue cible. Pour le domaine religieux, nous avons relevé des formes incorrectes telles que : * l’Evêché grec-catholique – au lieu de gréco- catholique (doc. n° 8). Le nom des saints peut également poser problème. Ainsi, Sfântul Ioan Nepomuk (saint vénéré de façon toute particulière dans le Banat) est appelé, dans le texte traduit (doc. n° 15), * Saint Jean Nepomuk , bien qu’il existe une forme francisée consacrée, Saint Jean Népomucène . Dans le domaine de l’histoire, on peut citer * l’Empire Habsbourg (doc. n° 4), au lieu de l’Empire des Habsbourg . Les noms des personnages historiques doivent également être rendus correctement. Ainsi, dans le document n° 15, le roi de Hongrie Charles Robert d’Anjou est désigné correctement (c’est précisément ce syntagme qui est d’usage en français), tandis que dans le document n° 11 on enregistre une forme hybride, roumano-française : * Carol I er Robert d’Anjou . L’empereur Joseph II de Habsbourg est dénommé * Joseph le Second de Habsbourg (doc. n° 15). Quant aux noms désignant certaines réalités historiques, nous avons constaté un report bizarre, à savoir l’emploi dans le texte français (doc. n° 15) de la forme roumaine paşalâc , au lieu de la forme francisée pachalik (« district ayant pour gouverneur un pacha »). Même les noms de peuples sont parfois déformés ; ainsi, les Turcs semblent être représentés uniquement par des femmes : la guerre avec les Turques (doc. n° 15). b) Fautes d’expression : fautes de vocabulaire ; fautes de construction, fautes d’accords grammaticaux ; fautes d’orthographe. Nous nous arrêterons ici, essentiellement, aux principaux problèmes concernant le lexique : confusion des paronymes, mauvais choix dans le cas des termes polysé- miques, interférences avec le roumain, emplois de mots inexistants en français. Dans les guides examinés, les interférences avec le roumain, les faux amis et les calques sont foison. On rencontre ainsi * réservation ornithologique (doc. n° 16) au lieu de réserve ornithologique ; * le district Bihor a une surface de 7544 km 2 (doc. n° 8), au lieu de : le département de Bihor a une superficie de … (confusion entre les deux correspondants possibles du mot roumain polysémique suprafaţă ) ; le mot cabane (doc. n° 8) apparaît à la place de chalet , d’après le roumain cabană . Au lieu du terme évêché (siège d’un évêque, en roum. episcopie ), on trouve lemot épiscopat (qui signifie en fait « fonction d’un évêque ») (doc. n° 15). La liste des choix lexicaux erronés peut continuer : ainsi, le mot lampe est utilisé à la place de réverbère (doc. n° 15). On note l’emploi fautif de plusieurs verbes ; par exemple : il [=le château] hé- berge (pour : abrite ) leMusée du Banat (doc. n° 15) ; [le monument] a été fait (sic !) àVienne entre 1739–1740. Il a été *apporté (= transporté) à Timişoara sur le Canal Bega (doc. n° 15) ; dans la phrase La place de l’Université a été *coupée en 1830
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