AGAPES FRANCOPHONES 2013

Maria ŢENCHEA Université de l’Ouest, Timişoara, Roumanie 358 (doc. n° 5), le verbe couper est employé à la place de tracer , dessiner . Dans la phrase : Au milieu de la Place * s’érigent 4 statues (doc. n° 5), le verbe s’ériger , qui signifie « se donner le rôle, la dignité de ; se poser en, se présenter comme » (son sens n’a rien à voir avec la signification spatiale), est employé dans ce contexte à la place de se dresser . La confusion des paronymes paraître et apparaître est égale- ment présente dans le document n° 15, où l’on parle de * la parution d’un quartier, transformé ainsi en une sorte de publication (!) : Il [= le quartier Josefin] a reçu l’approbation de parution en 1744 , ou encore de * la parution d’une industrie forte et variée . Nous avons glané, dans plusieurs documents, des mots inexistants en français, forgés d’après des mots roumains ; rien que dans le document n° 8, on relève : * échange valutaire , roum. schimb valutar , au lieu de : change (ou plutôt : bureau de change ) ; * banquomate , roum. bancomat , au lieu de distributeur automatique de billets ou guichet automatique bancaire ; * essencerie (= poste d’essence), forme dérivée du mot essence , par analogie avec le mot roumain benzinărie , formé sur le nom benzină . Les fautes de construction peuvent être illustrées par l’emploi fautif des prépo- sitions : * piscine de vagues (doc. n° 8), au lieu de piscine à vagues ; * en Oradea (doc. n° 8), * en Sibiu (doc. n° 14), au lieu de à Oradea , à /dans Sibiu ; un lac de pêche devient * lac à pêcher (doc. n° 8). Etc. etc. C’est une chose connue que la formule de salut du roumain Bună dimineaţa! n’a pas d’équivalent distinct en français : on utilise toujours la formule Bonjour! (=Bună ziua!) et non pas * Bon matin !, comme on prend bien soin de l’indiquer, de manière erronée, dans le document n° 8. Pour finir cette énumération (la liste des bévues linguistiques figurant dans les documents analysés serait bien trop longue), nous aimerions citer quelques phrases plus ou moins « mémorables » dans la perspective de la non-qualité : – phrases maladroites, dont quelques-unes semblent avoir été écrites par des écoliers : La Cathédrale a 83 m d’hauteur (sic !), 11 tours et plus de 5000 personnes peuvent être dedans à la fois. (doc. n° 15) Les légendes liées au nomdu pont disent qu’il va s’écrouler si onment quand on est sur celui-ci . (doc. n° 14) Le Guide de Timis et de Timisoara peut être un instrument d’aide concrète pour un touriste ouun habitant (??) qui désire apprendre des adresses oudes informations d’utilité maxime (sic !) concernant le département. (doc. n° 4) Les maladresses d’expression créent parfois des effets assez bizarres ou même amusants : La jeune communauté [monastique] se donne pour tâche l’accomplissement harmonieux des prières avec les soins duménage, le travail dans les champs, l’activité dans l’atelier de peiture (sic) et les visites expliquées destinées aux visiteurs. (doc. n° 7, Le Saint monastère de Voroneţ ) La rivière Bega avait beaucoup de ramifications navigables qui s’éten- draient (sic !) dans le Fabric et qui étaient pleines de moulins et de ponts. (doc. n° 15) – phrases dont la cohérence et la logique sont en souffrance :

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