AGAPES FRANCOPHONES 2013
Voyages et communication interculturelle : la traduction des guides touristiques 359 4 Dans le texte de départ – en roumain – il s’agit bel et bien d’un procès. 5 On constatera cependant que cela peut arriver aussi ailleurs qu’en Roumanie, dans le cas d’autres langues-cultures. 6 Nous continuons à plaider pour la professionnalisation de l’activité de traduction en Rou- manie (voir à ce propos Ţenchea 2002a et 2002 b). Soit que le touriste se décide de visiter les régions environnant la ville, soit qu’il se dirige vers les villages montagneux, les habitants sont toujours hospitaliers. (doc. n° 8) – phrases dans lesquelles la grammaire semble complètement absente : Le pont fait la liaison entre la Ville Bas (sic !) et la Ville Haut (sic !) et il rendre (sic !) possible l’accès dans la forteresse. (doc. n° 14) – phrases incompréhensibles : La première mention documentaire de Densuş est auparavant 1300 et dans 1360 le prêtre Dalk a participé à un essai 4 à Haţeg. (doc. n° 9) – transposition en français de phrases mal conçues dans le texte de départ en roumain ; le traducteur n’a pas cru bon d’intervenir dans le texte. La phrase que voici offre des explications inutiles à propos du guide lui-même : La première chose que vous devrez faire est d’utiliser le guide que vous tenez à lamain. (sic !) On y retrouve tous les renseignements nécessaires pour une première impression sur la ville / le département. Les cartes, les numéros de téléphone et les adresses utiles sont destinées à vous aider d’épargner du temps et de l’argent. (doc. n° 4) Cette autre phrase offre un véritable échantillon de la langue de bois : Bénéficiant de conditions naturelles et d’un très grand nombre de monu- ments historiques, de constructions monumentales, de trésors de culture et d’art, la Roumanie s’est imposée avec fermeté et définitivement sur le mar- ché international du tourisme par des (sic !) diverses destinations touris- tiques. (doc. n° 5) Conclusion Comme on a pu le voir, les documents mis à la disposition des touristes français ou francophones sont, très souvent, assez mal traduits, ce qui risque de produire l’effet contraire à celui escompté. Au lieu de constituer une invitation au voyage, certains de ces textes deviennent plutôt une contre-invitation 5 et risquent de fausser l’image de la Roumanie (y compris l’image qu’ils offrent du traducteur et du concepteur du guide). Quelles seraient les solutions permettant d’améliorer la qualité de ces textes « français » traduits du roumain ? En tout premier lieu, il faudrait des traducteurs qui aient une véritable compétence linguistique et traductionnelle 6 . On ne peut pas s’improviser traducteur, quand on possède une connaissance très approximative du français et que l’on produit des textes émaillés de fautes de langue et d’interférences linguistiques. Il faudrait, ensuite, éviter à tout prix le travail bâclé ; un travail sérieux de documentation (par le recours aux dictionnaires, aux encyclopédies, à l’Internet, etc.) s’avère nécessaire, sinon indispensable, surtout lorsqu’il s’agit de référents cul- turels. Les documents touristiques français – sur support papier ou ceux que l’on trouve sur la Toile – devraient servir de modèle aux traducteurs-rédacteurs, en ce qui concerne, d’une part, le choix et la structuration de l’information ou encore la
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