AGAPES FRANCOPHONES 2013

Mina KIM Université de Lorraine (CREM – EA 3476), France 366 Quel enjeu pour la littérature francophone en classe universitaire de FLE en Corée du Sud ? Notons d’abord qu’en Corée du sud, la situation éducative est en train d’évoluer avec la Réforme du système universitaire mise en vigueur depuis 1997, appelée « décloi- sonnement ». Les mots-clés de ce changement sont « le système de section » pour l’enseignement interdisciplinaire et « leminimumde crédit à obtenir pour la spécia- lité des étudiants » pour qu’ils puissent découvrir et obtenir plus d’une spécialité. C’est la raison pour laquelle les cours de littérature seront amenés à devenir beau- coup plus généraux qu’avant et seront liés au domaine des sciences humaines ou même sociale, en associant la littérature à différents thèmes préférés chez les étu- diants comme l’amour, le cinéma, la femme, etc. Au niveau des apprenants, la plu- part d’entre eux se voit demander à la fois de lire des textes littéraires et d’apprendre la langue française (niveau débutant) dès le début de leur apprentissage puisqu’ils commencent généralement à apprendre le français dans un cadre institutionnel, c’est-à-dire après leur entrée à l’université. Or, leurs compétences langagières s’amé- liorent au fur et à mesure de leurs besoins, autant pour la communication que pour la lecture de textes littéraires. En ce qui concerne le département de français, il est rattaché à la section « Langues et littératures étrangères ou européennes ou occidentales » ou « Langues et littératures françaises et allemandes », etc. Pour les universités qui sont indépen- dantes des autres départements, il est possible d’enseigner la littérature de lamême manière qu’avant et de garder le même nom pour les cours de littérature : il s’agit plus exactement des programmes des six départements de français les plus vieux en Corée du Sud. Les étudiants du département de français dans les universités sud- coréennes sont invités à s’initier à la littérature française par des cours qui peuvent se regrouper en deux catégories. L’une comprend des cours qui ont pour but de leur faire connaître l’histoire de la littérature en France. C’est le cas, notamment, du « Courant littéraire et artistique français » ou de « l’Histoire de la littérature fran- çaise ». Ces cours sont destinés, le plus souvent, aux étudiants de première ou deu- xième année, débutants en français. Ils n’ont donc pas encore les compétences lin- guistiques nécessaires à la bonne compréhension des textes littéraires en français. Chaque professeur doit avoir sa façon d’assurer ce genre de cours. Mais il est peu probable que lesœuvres littéraires de référence en français soient étudiées en classe. Quand aux cours qui s’inscrivent dans l’autre catégorie, chacun d’entre eux est en- cadré par un genre littéraire, principalement le roman, la poésie et le théâtre. Les départements de français de certaines universités le circonscrivent, de surcroît, par rapport à une époque – le cas du « Roman du 19 e siècle » – ou à un courant litté- raire – le cas de « la Poésie symboliste française ». Comme il s’agit de cours relative- ment approfondis et destinés aux étudiants de troisième ou de quatrième année, les élèves étudient un texte ou une œuvre littéraire en français avec le professeur. Pour le reste des universités, la littérature a disparu de quelques curricula universitaires et, dans certains cas, quand elle y apparaît c’est pour figurer comme discipline op- tionnelle. On constate que les implications de la méthode lansonnienne sont beau- coup plus visibles, il faut bien l’avouer, du côté de l’enseignement du FLE en milieu universitaire en Corée du Sud. Là, mue par les études de Sainte-Beuve ou de G. Lanson, une place de choix était faite à l’histoire littéraire.

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