AGAPES FRANCOPHONES 2013
Mina KIM Université de Lorraine (CREM – EA 3476), France 370 de désir de vivre et que cette vie va nous être bientôt ôtée. Mais il est aussi le cri de l’auteur qui, toute sa vie, combattit la peine de mort. Dans ce court récit dense et vif, le condamné nous fait partager, heure par heure, les ultimes moments de sa vie. Ce livre est découpé en 49 chapitres de longueurs très variables et on y distingue trois lieux de rédaction de son journal : tout d’abord, Bicêtre qui est une prison parisienne située sur un ancien domaine français qui s’appelle actuellement Le Kremlin-Bicètre en Île-de-France. Là-bas, le condamné évoque son procès (II), son transfert cinq semaines auparavant et la vie quotidienne à Bicêtre (IV et V), le ferrage des forçats (XIII et XIV) et une chanson en argot d’une jeune fille lorsque le condamné séjourne à l’infirmerie (XVI). L’homme compte même les jours qu’il lui reste à vivre (XIII). C’est là qu’il apprend qu’il vit sa dernière journée (XXI) : [...] j’ai repris d’une voix ferme : - Lisez, monsieur ! Il s’est mis à ma lire un long texte, en chantant à la fin de chaque ligne et en hé- sitant au milieu de chaque mot. C’était le rejet de mon pourvoi. – L’arrêt sera exécuté aujourd’hui en place de Grève, a-t-il ajouté quand il a eu terminé, sans lever les yeux de dessus son papier timbré. Nous partons à sept heures et demie précises pour la Conciergerie. [...] . Il se fait ainsi transférer à la Conciergerie qui constitue plus de lamoitié de son jour- nal. Ce prisonnier y décrit son transfert vers Paris (XXII), ses rencontres avec le friauche (XXIII), l’architecture (XXXI), un vieux gendarme qui lui demande les nu- méros de loterie (XXXII), le prêtre (XLII) et sa fille pour la dernière fois qui ne le reconnaît plus (XLIII). On partage ses souffrances, son angoisse devant la mort, sa repentance, sa rage et son amertume. La place de l’Hôtel de Ville ensuite, ancienne place de Grève jusqu’en 1803, est une place de Paris. De nos jours, cette place est un lieu d’animation et on y place une patinoire géante en hiver. Dans une chambre de l’Hôtel de Ville, sont écrits les deux derniers chapitres, l’un très long relatant sa pré- paration et le voyage dans Paris jusqu’à la guillotine (XLVIII), l’autre très court con- cernent les quelques minutes qui lui sont accordées avant l’exécution (XLIX). Si jamais nos pas nous conduisent place de l’Hôtel de Ville à Paris, nous ne pour- rons plus jamais y passer sans songer qu’elle fut autrefois la sinistre place de Grève où les condamnés à mort étaient guillotinés. Comme le combat de Victor Hugo contre la peine de mort est toujours d’actualité, son œuvre est en dialogue total et permanent avec notr e siècle. Par exemple, la Corée du Sud maintient la peine de mort dans sa législation, même si Amnistie internationale la considère comme un pays où l’exécution ne se pratique plus réellement. Car il n’y a eu aucune exécution depuis 1997 dans ce pays. Ainsi, ce texte permet à la fois de découvrir un peu d’hi- stoire française et des lieux français mais il permet également aux étudiants une réflexion sur la société et l’histoire coréennes. Il remplit donc les conditions que nous avons énoncées précédemment concernant l’appréhension de l’altérité. Propositions didactiques : un exemple de mise en pratique Si on feuillette les manuels de FLE parus depuis 2001, c’est-à-dire l’année de paru- tion du CECRL , il y en a déjà beaucoup dans lesquelles est traité le thème du « vo- yage ». De plus, il en va de même pour la ville de Paris. Car Paris étant la capitale française, elle est souvent la plus évocatrice pour les apprenants. Dans les œuvres littéraires, la ville est un lieud’espaces où les personnages se rencontrent à différents moments, à différents siècles. Le roman donnera aux apprenants un instrument des
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