AGAPES FRANCOPHONES 2013

La littérature de voyages et le dialogue interculturel à travers un atelier d’écriture en FLE 377 2. La littérature de voyages et le développement de la compétence interculturelle Plusieurs écrivains français et francophones ont signé des récits de voyage. Chacun a son style personnel et écrit pour des raisons différentes. La liste est longue, signa- lons quelques noms comme Jules Verne, Gérard de Nerval, Théophile Gautier, Pierre Loti, Nikos Kazantzakis, J-M-G Le Clézio, Olga Buzu, lauréate du Prix fran- cophone de littérature de voyages en 2011. Tous ces voyageurs ont des motivations différentes. Gérard de Nerval traverse l’Italie, la Belgique, l’Allemagne, puis il décide de visiter l’Orient. Conduit par sa fo- lie, déçupar bien-aimée JennyColon, il désire « rompre avec la culture occidentale » (Aubade 1997, 11) afin de renouveler ses sources d’inspiration. Comme l’explique Richer (1993, 141), « Nerval, avant Proust, sait que tous les paradis sont des paradis perdus ». Ainsi, il se lance à la découverte d’un nouvel espace géographique carac- térisé par l’exotisme et la rêverie. PierreLoti décide de parcourir les territoires de l’EmpireOttoman, Tahiti, Chine, où il acquiert une multitude de souvenirs, de costumes et de photos. Ses voyages deviennent le point de départ de son inspiration. Ses récits de voyage entretiennent des rapports étroits avec le journal intime qui les précèdent (Weigel, 2006). Son œuvre est le mélange des lettres réelles, des documents divers et de son journal in- time écrit en notes fragmentaires. On y retrouve des civilisations lointaines, des mœurs locales et toute une ambiguïté exotique. Nikos Kazantzakis, en mêlant ses expériences personnelles et ses émotions res- senties à des éléments historiques, il devient romancier et historien. Pour atteindre la liberté il avait besoin de se connaître à travers la connaissance de l’autre. Ses récits expriment sa volonté d’explorer lemystère de son existence, le but de la vie humaine ainsi que les questions de l’âme et de l’esprit. Le désir de découvrir des lieux incon- nus exprime sa volonté de voyager à l’intérieur de lui-même. Il s’agit d’un voyage on- tologique qui lui permet de s’explorer et de vivre son aventure personnelle. Il se tourne vers l’introspection et à travers cette quête personnelle il construit son iden- tité. Il tente de découvrir et déchiffrer son monde intérieur afin d’arriver à la vérité de l’existence humaine. Les voyages n’étaient pas pour lui synonymes de tourisme (Stassinakis 2009, 3)mais besoin intérieur, source de renouvellement, d’inspiration et de créativité. À l’heure où prône l’intérêt pour l’approche interculturelle en didactique de langues, le récit de voyage semble offrir les meilleurs moyens d’accès à la culture de l’Autre. Les auteurs du CECR expliquent qu’«unobjectif essentiel de l’enseignement des langues c’est de favoriser le développement harmonieux de la personnalité de l’apprenant et de son identité en réponse à l’expérience enrichissante de l’altérité en matière de langue et de culture. Il revient aux enseignants et aux apprenants eux- mêmes de construire une personnalité saine et équilibrée à partir des éléments va- riés qui la composeront » (2001, 9). La littérature de voyages, porteuse des valeurs et des images semble être le lieu par excellence dudialogue des cultures. Car, d’une part, le récit de voyage représente en général une histoire étrange et d’autre part il offre au lecteur des informations sur l’ailleurs et l’amène dans des lieux inconnus et inexplorés. Il lui permet de faire l’ex- périence de l’étrangeté, il lui ouvre la voie vers la diversité du quotidien, vers des va- leurs nouvelles, des pensées et desmodes de vie différentes. Le texte littéraire, riche

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