AGAPES FRANCOPHONES 2013

La littérature de voyages et le dialogue interculturel à travers un atelier d’écriture en FLE 379 3. L’introduction de la littérature de voyages en classe de FLE et l’écriture créative La lecture et l’exploitation des récits de voyages élargiront les horizons culturels des apprenants mais en même temps elles constitueront leur source d’inspiration et d’imitation. Antoine Compagnon affirme que « le travail de l’écriture est une réecri- ture, [...]citation et commentaire » (1979, 32). En ce sens, l’apprenant sera envisagé comme un lecteur qui puise ses sources à partir de ses lectures. Sa vie est un espace où s’inscrivent ses lectures qui vont nourrir sa créativité. À partir de la lecture, il trouve des images ou des sujets qui l’inspirent et auxquels il ajoute un caractère personnel. Dorénavant, l’acte de lecture est perçu comme unacte de créativité et de création. Lecture et écriture se trouvent étroitement liées et un texte peut être l’occasion de s’abandonner à la rêverie et à la fantaisie. Jean Ricardou s’adresse directement au lecteur en affirmant: « Deviens, lecteur, le scripteur que tu es en puissance, si tu veux davantage comprendre, et, du coup, mieux réussir, l’acte même auquel tu pré- tends » (1990, 105). Il l’incite à devenir scripteur afin de mieux pénétrer la lecture des autres textes. L’une des caractéristiques des nouvelles perspectives méthodologiques de l’en- seignement de la littérature est l’importance accordée à l’acte de l’écriture. L’écriture est définie comme une activité plurielle, qui met en jeu « des savoirs, des représen- tations, des investissements, des valeurs ainsi que des opérations physiques, psycho- logiques et cognitives complexes » (Reuter 1996, 4). Elle est capable de mobiliser la mémoire de l’apprenant en le mettant dans une position de scripteur. Son inspira- tion sera un hybride de tout ce qu’il a lu, vu, vécu et rêvé. En effet, l’apprenant devient un bricoleur – comme dirait Lévi-Strauss – qui s’ar- range et utilise tous les moyens qu’il dispose afin d’atteindre son objectif. L’appre- nant –bricoleur- procède à un réinvestissement, à un filtrage, à une transformation, tout en affirmant son identité créatrice. Il ymet toujours quelque chose de soi, quel- que chose de personnel qui le distinguera des autres. Sa perception dumonde et son imaginaire s’installent en parallèle avec un réseau de souvenirs du passé et des liens intertextuels qui créeront son texte. Il est nécessaire d’expliquer que le voyage est un sujet que les enseignants de langue proposent souvent. Ils demandent aux apprenants de raconter leurs vacances soit par écrit soit par oral. Ces activités leur permettent de témoigner ce qu’ils ont vu et ce qui leur a surpris. Plusieurs apprenants ont déjà leur propre carnet de vo- yage, journal intime, carnet de route, où ils retracent leurs aventures uniques. Ceux qui n’ont pas l’envie de rédiger un carnet ont pu certainement parler des événements particuliers ayant attiré leur attention lors d’un voyage. Ils ont raconté des anecdotes et ils ont décrit des personnes atypiques qu’ils ont rencontrés et les paysages oni- riques qu’ils ont vus. Les apprenants se sont alors assez familiarisés avec la narration d’une expérience vécue dans un nouveau lieu. La première étape de cet atelier d’écriture sera la stimulation de la mémoire et l’observation du texte déjà lu. Cette étape vise à donner des idées de départ et à consti- tuer une banque d’images et de mots qui serviront par la suite. Les apprenants com- mencent à repérer les étapes de visites et de voyages et à réfléchir sur ce qui a changé pendant et après le voyage. Ils observent le style et le ton de l’écrivain. Ils s’appuieront sur des formes déjà existantes et ils en découvriront d’autres. Ils rencontreront des nouveaux éléments culturels et ils y ajouteront leurs propres représentations.

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