AGAPES FRANCOPHONES 2013
Émoticône – petit voyage didactique dans le virtuel 387 2.1. Connaissancedes émoticôneset exploitationsemiotico-linguistique Ce groupe d’ activités vise une exploitation sémiotique des émoticônes en tant que signes ou images et une exploitation linguistique du vocabulaire associé. ˜ Analyse sémiotique des émoticônes Les images constituent une source pour le développement de l’expression orale et cognitive de l’élève. Les expressions des visages font penser à des expressions très riches des sentiments et des états. En même temps elles mobilisent un vocabulaire qui se rapporte à plusieurs thèmes : les parties du corps, les gestes, les expressions du visage, les sentiments et les réactions affectives, les actions mises en valeurs par l’animation des figures, les objets etc. Voici quelques exemples. Dans la figure de l’émoticône intitulée c’est pasmoi on peut « lire » sur le visage du personnage la peur et l’angoisse exprimées aussi par les poings serrés qui couvrent la bouche et les gouttes de sueur ; le menteur nous pré- sente un personnage dont le nez s’allonge et on peut ainsi faire référence au Pinoc- chio ; mort de rire est représenté par un personnage qui roule par terre en riant etc. Les actions sont présentes là ou il y a plusieurs personnages (bagarre, cadeau, jouer, exercices physique, cuisine, la catégorie des occupations), mais aussi pour exprimer un sentiment : dans l’émoticône je sais plus quoi faire il y a un personnage qui s’arrache les cheveux ; dans pas de chance un personnage qui tire un lot etc. Certaines figures présentent de vrais tableaux dans lesquels l’actiondes personnages est illustrée à l’aide des objets qui l’entourent : l’ordinateur, les livres, la poêle etc. Les émoticônes peuvent être groupées en fonction de ce qu’elles expriment en faisant ainsi le passage entre l’expression non-linguistique et l’expression lingui- stique des catégories sémantiques envisagées. ˜ Apprentissage du vocabulaire associé Ce volet est très intéressant car il dévoile des aspects moins « conventionnels » du vocabulaire. Il s’agit dumélange farfelu des niveaux de langue, des catégories gram- maticales, des expressions plus ou moins figées, des mots ou des syntagmes. Il ne s’agit pas forcément des mots-termes qui jouent le rôle de descripteurs de l’image, mais plutôt d’un jeu libre avec le langage. À la variété des figures correspond une variété linguistique surmesure. Les images, aussi que leurs étiquettes linguistiques, sont des plus hétérogènes et ce qui les unit est un sentiment d’humour, d’ironie et d’auto-ironie, de moquerie. Il y a ici un certain embrouillage entre les deux codes. L’image, aussi que les mots, jouent le rôle de signifiants d’un signifié qui relève de l’interprétation croisée des deux codes de communication. Il y a plusieurs pistes d’exploitation possibles pour la compréhension du vocabu- laire associé. L’activité la plus simple est de demander aux élèves de regrouper les émoticônes (en tenant compte de leurs étiquettes) selon les critères suivants : – la catégorie grammaticale (noms, verbes, adjectifs, interjections, syntagmes, expressions idiomatiques) ; – le niveau de langue (standard, neutre, mais aussi souvent non-soutenu) ; – le sens connotatif ou dénotatif. Un accent particulier doit êtremis sur les expressions idiomatiques assez fréquentes ou même sur certains mots dont l’équivalent dans la langue maternelle peut être aussi inconnu, tel que défaitiste, angoissant, perplexe . Certaines expressions am- bigües sont désambigüisées par l’image : c’est pas moi par la peur du personnage ; battements des cils par l’innocence de la figure etc.
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=