AGAPES FRANCOPHONES 2013
À la rencontre de l’eutre en classe de langue 395 raissent étranges ou choquants entraîne la distance par rapport à la culture cible mais en même temps par rapport à la nôtre aussi. L’apprenant est incité à réfléchir, à en discuter avec les autres dans la classe. Il essaie de se mettre à la place de l’Autre et de comprendre ce qui est normal et habituel pour l’Autre mais pas pour lui. Cette démarche peut aider les apprenants à appréhender la façon de penser et le com- portement de l’Autremais aussi à devenir conscients de leur propre diversité. Autre- ment dit, en comprenant l’Autre, nous nous comprenons nous-mêmes, nous com- prenons ce qui nous définit du point de vue culturel et que nous avons considéré comme inhérent à la nature humaine. En découvrant l’Autre par le biais de la con- frontation et de la comparaison, en l’acceptant dans sa diversité, nous prenons consience de nos spécificités et des valeurs de notre propre culture. Pourtant, la simple comparaison dans la classe de langue entre la culture de l’ap- prenant et la culture cible sans prise de conscience des raisons de comportements culturels différents n’est pas un but en soi. La comparaison devrait permettre la créa- tion d’un espace intermédiaire entre les deux cultures où les apprenants reconnaî- traient l’Autre en eux-mêmes, où ils développeraient la tolérence et apprendraient à éviter d’éventuels conflits. Les différences entre les langues et cultures devraient être le lieu de rencontre et d’enrichissement des apprenants. C’est la raison pour laquelle la classe de langue où la culture de l’apprenant et la culture cible entrent en contact, est un lieu privilégié. Ainsi, Le Cadre européen commun de référence (CECR) pro- meut le plurilinguisme et la compétence interculturelle dont le but principal est le développement harmonieux de l’apprenant et de son identité en tant que réponse à l’expérience enrichissante de l’altérité dans la langue et la culture (2003, 11). La compétence interculturelle permet la communication et la compréhension mutuelle qui ne se limitent pas à la maîtrise de la langue. Elle permet justement le développement des connaissances et des stratégies d’apprentissage et de communi- cation aidant à reconnaître, à comprendre et à tolérer les différences; la prise de con- sience des préjugés qu’on a envers ceux qui sont différents de nous faciliterait le rejet des stéréotypes ainsi que le développement de nos identités individuelles et collec- tives (Filipovi ć 2008). Développer et appliquer l’approche interculturelle dans la classe de langue c’est aider les apprenants à essayer de comprendre et d’accepter l’Autre tel qu’il est, plutôt que d’apprendre des informations sur sa culture et la société dans laquelle il vit. Dé- couvrir l’Autre et son mode de vie c’est découvrir les différences entre deux visions du monde (celle de l’apprenant et celle de l’Autre) pour les relativiser et les intégrer dans une perception réciproque, dans un contexte social, historique et politique. Le but de cette approche complexe qui devrait s’appliquer à bien des domaines tout au long de la scolarisation c’est, d’un côté, accepter la culture étrangère telle qu’elle est, la considérer égale à la culture maternelle et de l’autre, considérer la culture ma- ternelle comme aussi riche et importante que la culture cible (Emaish 2009). Le choix de documents-supports pour développer la compétence interculturelle dans la classe de langue L’apprentissage d’une langue étrangère ne devrait pas s’identifier à la simple maî- trise d’éléments linguistiques, ce qui reste, malgré tout, une opinion répandue. Les éléments culturels, différents de ceux de la culturematernelle, font de cet apprentis- sage un voyage imprévisible, voire une aventure. Ce voyage passionnant comprend
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