AGAPES FRANCOPHONES 2014
Efstratia OKTAPODA Université de Paris IV-Sorbonne, France _____________________________________________________________ 102 aux stratagèmes d’une femme ayant toute sa vie derrière elle et que le mari impose comme amie du couple. ( La Femme de mon mari quatrième de couverture) Dans le roman, Jida, la protagoniste se refuse à l’infériorité, voire la servilité vis-à-vis de son mari et c’est le point de vue de celle-ci que nous livre l’auteure. Jida, l’ alter ego de l’auteure, est une femme révoltée qui veut défier les traditions et les coutumes selon lesquels l’homme est le maître, l’autorité absolue. La liberté de la femme est déterminée par les limites que le maître lui accorde comme lui il veut et il juge 4 . Plus que dans La femme de mon mari , dans Mariée à Paris. Répudiée à Beyrouth (2009), l’auteure dénonce ouvertement la mentalité sociétale musulmane et les privilèges masculins qui donnent lieu à des machinations libres d’un mari déloyal qui par ces mêmes privilèges reste intouchable et impuni, conforté par des lois qui laminent les droits de l’épouse dans la société orientale. Mariée à Paris. Répudiée à Beyrouth 5 est un roman social, sociologique et profondément psychologique. L’auteure prend la défense de la femme harcelée, insultée, battue et abandonnée par son époux, tel un objet usé et non désiré. L’histoire est celle du couple et d’un mari sexagénaire qui, pour jouir parfaitement de ses relations extraconjugales, se transforme en pervers narcissique dont le seul but est de détruire sa femme et d’abandonner son foyer. Il malmène femme et enfants abusant de tous ses droits de mâle que la religion et la société lui ont concédés. Monogame en France, polygame au Liban, Ghâby l’urologue savait profiter de ses appartenances et situations. (MPRB 164) Seule Léa en savait quelque chose ! La polygamie de son mari était liée à sa perversion ; elle servait ses sentiments négatifs et ses complexes. N’empêche qu’il essayait d’exploiter toutes les lois et les détournait. Être Français et polygame en même temps ne l’indisposait pas. « Et alors ? objectait-il, c’est mon droit d’homme ! ». (MPRB 166) Léa , essaie de lutter contre la perfidie et les manœuvres de l’époux tyrannique, un « malade, paranoïaque » (MPRB 199). Elle essaie d’exister et de résister pour protéger ses enfants et sauver son foyer. Ghâby le tortionnaire frappe Léa et veut l’enfermer dans un asile psychiatrique pour des fous. Il« lui assén[a] des coups partout » (MPRB 203). « [Léa] avait des bleus sur le bras, mais dans l’âme aussi » (MPRB 203). À travers le déchirement du couple, récit premier, l’auteure décrit la culture machiste et sexiste et les passe droits (rachat des juges etc.) dans la société musulmane où le sort de la femme est précaire. Elle fustige la démagogie de toute une société qui protège l’homme et lui donne tous les droits et prive la femme de ses simples droits civiques. 4 Voir : <http://www.ezza-agha-malak.com/bibliographie.html >. (Consulté le 12 janvier 2014) 5 Agha Malak, Ezza, Mariée à Paris. Répudiée à Beyrouth , Paris, L’Harmattan, 2009. Désormais désigné à l’aide du sigle MPRB, suivi du numéro de la page.
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