AGAPES FRANCOPHONES 2014

Féminisation linguistique en français : le cas des offres d’emploi _________________________________________________________________ 229 de certains groupes victimes de discrimination (femmes, handicapés, etc.), lors de l’accès à l’emploi, par exemple : Valorisant la diversité, l’Université Laval invite toutes les personnes qualifiées à présenter leur candidature, en particulier les femmes , les membres de minorités visibles et ethniques, les Autochtones et les personnes handicapées. La priorité sera toutefois accordée aux personnes ayant le statut de citoyen canadien ou de résident permanent . L’Université de Montréal souscrit au principe d’accès à l’égalité en emploi et invite les femmes , les membres des minorités visibles, les membres des minorités ethniques, les personnes handicapées et les Autochtones à poser leur candidature. Nous invitons tous les candidats à remplir le formulaire d’accès à l’égalité en emploi, disponible à l’adresse suivante [...]. Dans les exemples précédents, bien que la loi précédemment mentionnée soit appliquée, toute la dernière phrase qui est une formulation générique s’oppose à l’amélioration de la situation des groupes désavantagés, notamment des femmes, par le choix linguistique du masculin générique. On trouve toutefois dans ces mêmes petites annonces une note en matière de procédés de féminisation linguistique expliquant que le masculin est seulement employé, afin que le texte ne soit pas trop long. D’un point de vue (socio)linguistique, si l’on tient compte de l’égalité entre hommes et femmes et que l’on rend les femmes langagièrement visibles d’une manière efficace dans l’ensemble d’un texte, la note approuvant l’application de la loi mentionnée peut sembler futile et elle accentue la différence entre les deux genres. Analyse des offres d’emploi Ayant maintenant une idée plus précise des objectifs d’une offre d’emploi, nous pouvons aborder le sujet principal de la recherche. Une question se pose tout d’abord : pourquoi est-il conseillé de respecter la parité linguistique dans les offres d’emploi ? La notion d’égalité des chances est diffusée par de nombreux relais publics comme l’éducation, les lois et les médias. Mettons en relief le fait que la capacité humaine est depuis toujours la base essentielle de l’économie. L’ensemble des obstacles à la vie professionnelle risque d’empêcher de profiter pleinement de cette capacité sur le marché du travail. Un cas de figure est représenté par les appellations professionnelles (Pleško 2012b, 152). Les femmes exercent aujourd’hui les mêmes métiers que les hommes. Nous restons donc convaincus que cette réalité sociale devrait se manifester, entre autres, dans les offres d’emploi et nous ne voyons aucune raison objective de ne pas nommer une femme à la tête d’une entreprise ou occupant un poste important par une forme féminine distincte si celle-ci existe et est acceptée (Pleško 2012a, 153 et 157). Rousseau (1998, 1) en donne deux exemples : la directrice (forme admise par l’Académie française) ou Madame LA Ministre 2 (forme très récente résultant d’un choix d’un groupe de locuteurs et locutrices). 2 Yvette Roudy, ancienne ministre des Droits de la femme en France a souhaité être nommée Madame LA Ministre .

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