AGAPES FRANCOPHONES 2014

Martin PLEŠKO Université Palacký d’Olomouc, République tchèque ________________________________________________________________ 234 on s’en approche. Un tel résultat est un fait surprenant sachant qu’en général, la France est considérée comme le pays francophone qui s’oppose le plus formellement à la féminisation de la langue. Si l’on prend en compte la politique d’égalité entre hommes et femmes, ce phénomène peut s’expliquer par le respect des lois, ce qui se manifeste, bien évidemment, par une quasi-parité linguistique. Soulignons d’ailleurs que l’on est principalement parvenu à cette égalité grâce à des formulations désexisées. Pour ce qui est de la productivité de chaque procédé, la première place est occupée par le masculin générique. Viennent ensuite les formes désexisées et des procédés situés plus ou moins à la même échelle : l’usage de l’abréviation H/F, épicènes propres, doublets abrégés et bisexués. Les doublets développés et les couples n’ont qu’une seule occurrence. L’abréviation H/F apparaît dans treize petites annonces à côté des noms qui seraient normalement classés en tant que masculins génériques (11), féminins génériques (1) et doublets abrégés (2). Un cas particulier est celui du nom de profession féminisé à l’aide de l’abréviation H/F qui est à la fois un doublet abrégé : H/F véhiculé(e). La deuxième particularité est un épicène à forme tronquée accompagné de H/F : H/F réceptionnist(e) . Or, cette forme est agrammaticale. * Un réceptionnist n’est pas reconnu dans le lexique français et ne figure pas dans les dictionnaires de référence. Ces deux efforts visant à rendre les deux sexes égaux peuvent s’interpréter comme une surféminisation (Cholewka 2002, 49). Tous les doublets abrégés sont écrits entre parenthèses. Un cas présente un épicène introduit par un déterminant abrégé au féminin : un(e) secrétaire . Parmi toutes les offres d’emploi, on n’a repéré qu’un seul doublet développé. Le féminin est antéposé au masculin et séparé par une barre oblique. L’adjectif suivant apparaît dans les deux genres comme un doublet abrégé : directeurs/directrices indépendant(e)s . Dans une offre d’emploi, est présentée la recherche de personnes destinées à exercer au sein d’établissements de santé. Pour mettre en évidence que les représentants de deux sexes peuvent soumettre leur candidature, on utilise non seulement l’abréviation H/F, mais nous y observons également une alternance des genres bien qu’il ne s’agisse pas d’une énumération où ceux-ci varient : infirmière H/F dans l’en-tête de l’offre et infirmier H/F dans la description du poste. La forme assistant ménager F/H trouvée dans une offre d’emploi s’avère plus avantageuse que femme de ménage ou femme de chambre ou valet de chambre . Assistant ménager F/H ou les doublets développés assistant ménager/assistante ménagère sont des formulations qui ne dévalorisent pas autant ce métier puisqu’elles ne le limitent pas qu’aux femmes. Deux abréviations H/F sont assimilées à des couples car elles n’accompagnent aucun nom. Elles servent à préciser le sexe des personnes recherchées, par exemple : [...], nous recrutons (h/f) en CDI, [...] et Emploi proposé aux candidats des deux sexes (H/F). Il semble que cette tendance, comparable au phénomène de surféminisation, pourrait être aussi dénotée comme surégalitaire . Une petite annonce est féminisée à l’aide d’une note. Il ne s’agit pas d’une note défendant l’emploi du masculin générique comme on l’a déjà vu. Elle explicite le sexe de la personne recherchée : Emploi proposé aux candidats des

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