AGAPES FRANCOPHONES 2014

Carmen-Ștefania STOEAN Académie d’Études Économiques de Bucarest, Roumanie _________________________________________________________________ 268 Au lieu de s’épuiser en polémiques stériles [....] et d’opposer par exemple analyse de discours, analyse conversationnelle, théorie des actes de langage et théorie de face-work, il me semble plus intéressant et rentable de concilier ce qui est conciliable et de voir la partie qu’on peut tirer du croisement de propositions provenant de paradigmes différents. La description est plus „juste” car le métissage théorique n’est pas seulement un luxe, c’est dans certains cas une nécessité[....]. (Kerbrat-Orecchioni 2005, 21) Cette approche parait d’autant plus justifiée dans le cas du «discours-en- interaction» qui est un objet complexe, comportant différents „niveaux”, „plans”, „modules”. Pour en rendre compte de façon satisfaisante, on doit donc se „bricoler” une boite à outils diversifiée plutôt que de s’enfermer dans un modèle dont l’opérativité se limite à certains niveaux seulement de l’interaction. En d’autres termes, il s’agit de revendiquer l’éclectisme ou le syncrétisme méthodologique , c’est-à-dire le recours contrôlé à des approches différentes mais complémentaires. (Kerbrat-Orecchioni, 2005, 22) Sur la base de cette option méthodologique, nous avons mis à profit les catégories d’analyse de trois modèles relevant de l’analyse de discours et de l’approche interactionniste: l’approche modulaire de l’organisation du discours de E. Roulet (1999); la grille d’analyse des discours interactifs oraux de V. Traverso (2004) et le modèle d’analyse des discours-en-interaction de C. Kerbrat-Orecchioni (2005). Dans le cas de ces trois modèles, le syncrétisme méthodologique s’appuie sur trois principes communs qui permettent la combinaison des données fournies par chaque modèle dans une analyse cohérente de l’organisation et du fonctionnement du discours: 1. Tout discours peut être analysé par rapport à un schéma praxéologique (prototypique) (Roulet 1999, passim ) ou schéma type (Kerbrat- Orecchioni 2005, passim ) qui fournit les éléments constitutifs de structure et précise les niveaux d’analyse du discours. 2. Les données contextuelles sont intégrées à l’analyse à titre de composants intrinsèques du discours (Roulet 1999, 32-33) ou d’éléments constitutifs du contexte extra-discursif. (Kerbrat-Orecchioni 2005, 78) 3. La décomposition du discours en ses composants de base «réduits à des informations simples» (Roulet, 1999, 30 ) permet la description «de la manière dont ces informations simples peuvent être combinées pour rendre compte des différentes formes d’organisation des discours analysés.» (Roulet 1999, 30) Le choix de ces modèles exige non seulement le respect des principes sur lesquels ils se fondent mais aussi l’emploi des concepts qu’ils véhiculent. Dans notre analyse, nous utilisons les concepts suivants: 1. le discours-en-interaction qui «désigne un vaste ensemble de pratiques discursives qui se déroulent en contexte interactif [....]» (Kerbrat- Orecchioni 2005, 14) auquel appartiennent, sur la base de leurs propriétés, les discours institutionnels tels la réunion, l’entretien, le débat, etc.

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