AGAPES FRANCOPHONES 2014
Maria-Mădălina URZICĂ POIANĂ Université de Craiova, Roumanie _____________________________________________________________ 282 - la demande (la supplique): «Maus! Pour l’amour de Dieu, tout le monde te réclame!» (Istrati 1998, 168)/ «Maus! Pentru numele lui Dumnezeu, toţi invitaţii te reclamă!» (Istrati 1998, 169) ; «Au nom du Seigneur et de la sainte Vierge, ne frappez pas la figure…Ne touchez pas aux yeux!...Pardon!» (Istrati 1994, 88)/ «Pentru numele lui Dumnezeu şi al Sfintei Fecioare, nu loviţi faţa! Nu vă atingeţi de ochi! Iertare!»(Istrati 1994, 89) Le dernier exemple rend les cris de la mère d’Adrien qui menait à côté de ses deux enfants une vie pleine de fêtes, et qui, chaque fois qu’ils étaient interrompus subitement par le père ou son fils, payait toutes les joies par coups de poings. -l’avertissement : « […] qu’à Dieu ne plaise (Istrati 1994, 24)/ […] să-mi fie vorba într-o doară!»(Istrati 1994, 25). En roumain, on opère un déplacement de la Divinité vers le destin, le sens étant « que mes mots soient dits sans aucun effet!/il vaut mieux que je me trompe dans ce que j’affirme». - l’excuse : «Dieu, Seigneur, pardonne-moi!» (Istrati 1994, 180)/ «Doamne, iartă-mă!» (Istrati 1994, 181 ) qui n’est point une prière pour être pardonné, mais un automatisme langagier que les Roumains utilisent pour rendre différents actes de langage plus expressifs. - l’éloge, la louange: des constructions du type «être brave»: «Tu as toujours été brave!» (Istrati 1998, 42)/ «Tu ai fost totdeauna băiat de treabă.» (Istrati 1998, 42). La réplique de Madame Charlotte adressée au jeune Adrien, qui accompagne sa mère pour se faire embaucher comme domestique chez les Thüringer, est placée dans un contexte où le verbe au passé conduit à un implicite: tu as toujours été brave, tu le seras encore à partir de maintenant. Cette interprétation est suggérée d’ailleurs par la suite de la réplique: «C’est toi qui me chercheras, à l’avenir, mon schnaps , n’est-ce pas?»(Idem. «schnaps écrit en italiques dans le texte en français)/ «De acuma încolo, tu ai să-mi cumperi ‘‘schnaps’’, nu-i aşa?» (Istrati 1998, 43). - le consentement : «ainsi soit-il/fie cum ai spus!»(Istrati 1994, 134-135) Les formules de consentement ou de négation se placent parmi les constructions figées les plus récurrentes dans les dialogues romanesques, mais nous ne nous occuperons pas de cet aspect dans la présente recherche. - l’invocation de la Divinité: «Seigneur tout puissant!» (Istrati 1994, 270)/ «Doamne Dumnezeule!» (Istrati 1994, 271); si en français il s’agit plutôt d’une invocation, puisque le Seigneur est « tout puissant », la variante roumaine joue sur le vocatif (« Dumnezeule! ») pour préciser les hautes qualités de l’invoqué. «Qu’Allah vous vienne en aide!»(Istrati 1994, 192)»/ «-Allah să te aibă în paza lui!» (1994, 193) A noter la différence entre le français et le roumain : le premier privilégie une perspective dynamique, Allah « vienne en aide », le deuxième plus statique, basé sur un souhait « să te aibă în paza lui » c. les stéréotypes de circonstance ou les réflexes conversationnels «Personne n’eut pu dire son âge avec une approximation acceptable.» (Istrati 1994, 16) / « Nimeni n-ar fi putut să-i ghicească etatea.» (Istrati 1994, 17).
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