AGAPES FRANCOPHONES 2014
Estelle VARIOT Université d’Aix-Marseille, France _____________________________________________________________ 292 « restant » ; preemitu pour priimit « reçu ; pris » ; amu pour am « j’ai » ; păru pour păr « cheveu ; cehvelure » ; capu pour cap « tête » ; dzicîndu pour zicînd « en disant » ). Le dernier point, dans ce bref aperçu (qui ne peut être exhaustif) est l’existence de formes rhotacisantes qui attestent de l’ancienneté de la langue utilisée dans cet ouvrage ( funrea pour funeea « corde » ; Pînră pour Pînă « jusqu’à » ; rruga-i pour ruga-i « lui demander »; nece uruia pour nici unuia « aucun » ; pînre pour pîinea « pain »). L’ouvrage consulté, même s’il ne donne pas l’accès au fac-similé de l’original, donne un aperçu des principales particularités de cette langue rhotacisante utilisée et transcrite en alphabet latin, ainsi que de ses intérêts linguistiques et de spécialité. Une seconde catégorie d’exemples est constituée par les documents anciens, à valeur philologique, également, issus des travaux de chroniqueurs roumains. Les chroniques des auteurs anciens (grecs, latins, entre autres) ont de multiples intérêts historiques et culturels, étant donné qu’elles permettent à des lettrés, souvent proches du pouvoir en place, d’avoir accès aux plus hauts faits d’État et à d’autres plus « anecdotiques » mais qui permettent par leurs détails parsemés dans les ouvrages de témoigner du vécu de cette époque. L’étude des éditions critiques de Istoria ieroglifică (Cantemir 1983) et de Letopiseţul ţării Moldovei (Ureche 1958) confirme, par certains aspects, les spécificités trouvées dans Codicele Voroneţean . Istoria ieroglifica est un ouvrage important dans la création du prince savant Dimitrie Cantemir, étant donné qu’elle se fait l’écho de l’impact de la spiritualité sur la langue et le peuple roumain du XVIII e siècle, en faisant intervenir un certain nombre de représentants du monde animal. Chez D. Cantemir (Cantemir, Istoria ieroglifică **, 201, § 5), on peut noter la présence d’alternances vocaliques [ să pour se « se » ; lineştii pour liniştii « du calme » ; triia pour treia « le/la troisième » ; de diphtongaison à l’initiale, dans le souci de transcrire le plus précisément les phonèmes roumains par des lettres cyrilliques ( ieste pour este « est ») et un doublement de certaines voyelles, en position centrale : vrăjmăşiia pour vrăjmăşia « hostilité » ; neprimiitorii pour neprimitorii « ceux qui n’accueillent pas » ; des formes anciennes : mîni pour mâini (diphtongaison en roumain moderne par anticipation de l’élément palatal) « mains » ; des formes archaïques cândai pour cumva « d’une certaine manière ; peut-être ; au moins, dans le futur » ; des constructions inversées a răzbate poate « peut pénétrer/ se frayer un chemin ». Dans Letopiseţul ţării Moldovei (Ureche, 1958, 33, § 1), on voit apparaître les alternances vocaliques : pă urmă pour pe urmă « ensuite » ; să pour se ; striine pour străine « étrangères ») ; adecă pour adică « c’est-à-dire ; au bout du compte » ; ţărîlor ou ţărîi pour ţărilor ou ţării « des pays » ou « du pays » ; ţărîle pour ţările « les pays » puis ţări « pays » ; fierălor pour fiarelor « bêtes » ; des doublements vocaliques : viiaţa pour viaţa « la vie » ; des formes anciennes să să îndirepteze pour să se îndrepteze « se corriger » ou « se diriger » să tîmplă pour se întîmplă « cela arrive ». On peut noter aussi des constructions anciennes au nevoit de au scris pour au nevoie să scrie « ont besoin d’écrire » ; au fost vornic pour a fost vornic « a été gouverneur » ; apucatu s-au şi dumnealui de au scris pour s-a apucat şi Dumnealui să scrie « lui aussi a commencé à écrire ». Du point de vue lexical, on note la présence de izvod « source ; manuscrit, histoire, version amplifié, copie, exemple, liste, inventaire », d’origine slave, entre autres. Une autre forme très intéressante est la variante Gligorie (pour Grigore ). La transcription ou non du - u final, après
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=