AGAPES FRANCOPHONES 2014
Stefania DEI Université de Florence et Laboratoire ELLIADD, Université de Franche-Comté _____________________________________________________________ 302 sur les stratégies de réception du texte écrit ; l’influence des genres de textes et, enfin, le biais introduit par notre méthode de recueil de données. Celui-ci s’est effectué en temps réel, c’est-à-dire pendant la lecture. Son originalité nous semble avoir posé quelques problèmes mais elle présente néanmoins des avantages certains. 1. Cadre théorique 1.1. Les stratégies de lecture En ce sui concerne l’évolution de la notion de « stratégie de lecture » en FLE, les discours didactiques et scientifiques s’inscrivent dans la tradition de l’École française d’analyse du discours, de Moirand à Cicurel, en passant par Dévelotte jusqu’à Rui. Pour Moirand et Cicurel, une stratégie de lecture correspondrait à « comment le lecteur lit » ce qu’il lit. Nous parlerons ici de stratégies procédurales. Pour Moirand, « comment lire le texte » dépend de « l’objectif initial (variable but) » de lecture et cet objectif déterminera le mode de lecture du texte (lecture sélective ou lecture globale). Cicurel (1991, 16) dénombre les stratégies suivantes : la lecture studieuse, la lecture balayage, la lecture action, la lecture oralisée et la stratégie de sélection. Pour Rui (2000), ces dernières sont plus des techniques que des stratégies. Moirand et Cicurel ne sont pas intéressées par une observation empirique des processus mis en oeuvre au cours de la lecture. Elles se positionnent toutes les deux du côté de l’enseignant, sans observer ce que font effectivement les apprenants-lecteurs. Rui a réfléchi à la notion de « stratégie de lecture». Après avoir établi, à la suite de Bogaards (1991), une distinction théorique entre « stratégie » et « processus », où les stratégies relèveraient d’une opération contrôlée tandis que les processus se situeraient du côté de l’automatisé, elle en vient à douter du caractère contrôlé des stratégies 1 . Sa position est que la « dichotomie processus automatisé/stratégie contrôlée est plus un montage théorique qu’une réalité éprouvée » (Rui 2000, 99). En effet nous sommes convaincue que les stratégies en lecture/compréhension de textes ne sont pas utilisées de façon pleinement consciente pour atteindre un but bien précis. Nous ajouterons que les processus automatisés dépendent du niveau de connaissance de la langue du lecteur. 1.2. La variable lecteur Le lecteur n’est plus considéré comme un récepteur passif d’un message, mais il participe activement à la (re)construction du sens d’un texte. Il met en oeuvre des structures et des processus. Pour la « variable lecteur », nous nous sommes inspirée de Giasson 2 , dont les travaux portent sur l’enseignement, en milieu scolaire, de stratégies efficaces pour devenir un lecteur expert en LM. Nous présentons le schéma de Giasson auquel nous avons ajouté la mémoire et le but. 1 « Si les stratégies sont contrôlées, elles sont conscientes et donc verbalisables. Mais tout ce qui est conscient est-il verbalisable et donc observable par l'analyste? » (Rui 2000, 99). 2 Giasson est prefesseure titulaire à la Faculté des Sciences de l'Éducation de l'Université de Laval. Elle est titulaire d'un Doctorat en sciences de l'éducation et d'une maîtrise en psychologie.
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=