AGAPES FRANCOPHONES 2014
Genres de textes et stratégies de lecture sur écran d'ordinateur, eBook et sur support papier. Types de lecteurs _____________________________________________________________ 305 lecture/(re)construction du sens. Si ces catégories n’existaient pas on ne pourrait pas comprendre : « sans l’existence de telles catégories, notre appréhension des énoncés produits serait probablement impossible : nous serions submergés par la diversité absolue, par une impression chaotique que des régularités syntaxiques ne compenseraient certainement pas » (Adam 1992, 7). Les typologies savantes ne correspondent pas à l’activité empirique des sujets- lecteurs pour classer et établir des catégories qui leur paraissent utiles. Il y a un abîme entre l’activité du lecteur qui a besoin de classer et le spécialiste qui essaye d’établir des catégories stables et généralisables. Pour Adam, il est présomptueux de parler de typologie des textes. Chaque texte est, en effet, une réalité beaucoup trop hétérogène pour qu’il soit possible de l’enfermer dans les limites d’une définition stricte (1991, 8). Les découpages typologiques trop globaux, qui parlent de « texte narratif », de « texte descriptif », de « texte argumentatif », etc. ne permettent pas de tenir compte de l’hétérogénéité propre à la mise en texte. C’est évidemment la position - et de ce fait, la limite - des typologies textuelles existantes (1990, 91). Le caractère hétérogène de la composition textuelle se traduit par une structure du texte – oral ou écrit - composée de séquences. Nous retiendrons donc qu’un texte d’après un mode de composition (c’est-à-dire d’un petit nombre de types de séquences de base), sera plutôt argumentatif ou plutôt narratif ou plutôt explicatif etc., même s’il contient des séquences d’un autre type. Par exemple une explication pourra s’enchâsser dans une argumentation, et une explication dans un récit. Malgré cette hétérogénéité, un texte dans sa globalité présentera une dominante, c’est-à-dire qu’il sera plutôt narratif, plutôt dialogal, etc. Donc pour Adam, parler de « types de textes » est trop généralisant face à l’immense hétérogénéité des textes, même s’il existe des textes qui présentent « des dominantes préférentielles » (2008, 179). Pour résumer, nous pouvons dire, en nous inspirant d’Adam, qu’un texte relevant d’un genre textuel est composé de segments ou séquences qui introduisent une narration, une description, une argumentation, une explication ou/et une séquence de type dialogal. Ces séquences se caractérisent par des ressemblances au niveau linguistiques (syntaxe, progression du contenu, anaphores, connecteurs, etc.) qui peuvent être identifiées par le lecteur. En ce qui concerne les textes choisis pour notre corpus, la nouvelle relève d’un genre de texte comportant des séquences à dominante narrative et descriptive ; l’article journalistique d’opinion relève d’un genre de texte présentant des séquences à dominante argumentative et explicative. 2. Le recueil des données 2.1. La sélection des textes Nos choix, pour les genres de textes, ont été dictés par notre expérience de didacticienne. Nous avons choisi des textes d’opinion journalistiques, car l’argumentation était le sujet du cours que suivaient les étudiants participant à la recherche et la réception de ces textes écrits semblaient présentés plusieurs difficultés. Nous avons choisi la nouvelle, parce que nous avions constaté, lors de nos cours, que nos étudiants lisaient de nombreuses oeuvres littéraires dans leur langue maternelle mais peu en français.
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