AGAPES FRANCOPHONES 2014

Genres de textes et stratégies de lecture sur écran d'ordinateur, eBook et sur support papier. Types de lecteurs _____________________________________________________________ 309 singularités de chacun : la dimension du « Je » dont on ne peut faire abstraction dans une activité de reconstruction du sens dans l’acte de lire. Au point que la notion de stratégie a été dépassée en faveur de celle de type de lecteur. Nous avons en effet identifié le lecteur studieux, le lecteur consciencieux, le lecteur fusionnel, le lecteur globaliste, le lecteur plus proche de l’actualité. La manière d’appréhender le texte du lecteur studieux se ressent d’une formation scolaire qui l’a habitué à répondre à des questions ou à opérer des « approfondissements ». Le lecteur consciencieux améliore ses connaissances en consultant le dictionnaire pour se rendre compte de la « force » qu’un terme prend dans la phrase même s’il connaît déjà ce terme. Le lecteur fusionnel peut se caractériser par ces deux mots : curiosité et intérêt. La curiosité est la raison pour laquelle il a choisi tel texte plutôt que tel autre ; l’intérêt est ce qui le motive tout au long de ses lectures. Le lecteur globaliste est celui qui « va de l’avant ». Son but est de lire pour le plaisir. Il ne pense ni à la grammaire ni à la structure du texte. Il ne s’arrête que quand trop de mots inconnus empêchent la reconstruction du sens. Le lecteur plus proche de l’actualité comprend plus facilement les articles d’opinion journalistiques qui utilisent un langage contemporain lié aux thèmes actuels qu’il connaît déjà. Alors que dans les nouvelles, il trouve un langage qui est moins en rapport avec son environnement, parce qu’elles le font entrer dans un monde imaginaire. « La variable lecteur », c’est-à-dire tout le vécu du lecteur avec ses expériences personnelles et professionnelles, ses intérêts, la façon dont il s’investit dans la lecture, se répercute sur le texte qui s’ouvre ainsi à plus d’une interprétation. S’instaure alors un dialogue, ou plutôt une interaction, entre le texte et le lecteur qui implique tous les types de connaissances que ce dernier utilise dans une tâche de lecture et qui lui serviront à remplir les « espaces blancs » laissés par l’auteur. Comme le dit Eco : « Le lecteur en tant que principe actif de l’interprétation fait partie du cadre générateur du texte lui-même 7 » (1979, 58). 3.2.2. La variable texte La variable texte a surtout été déterminante pour les nouvelles, en différenciant les étudiants qui possédaient un niveau de connaissance du français B1 par rapport aux autres qui étaient plutôt B2 : la difficulté dans l’identification des mots en FLE, un vocabulaire moins actuel pour décrire, raconter une réalité décontextualisée du quotidien, entravait quelque peu leur reconstruction du sens. Ces informateurs ont été amenés à effectuer une lecture pas à pas. Pour ce qui est des articles journalistiques, les connaissances préalables, la mise en page, les articulateurs et les connecteurs du discours, sont pris davantage en compte. 3.2.3. La variable support La variable support a fait apparaître que même si notre groupe d’informateurs est capable de s’adapter aux situations, aux supports et aux genres de textes, la reconstruction du sens à l’écran est entravée par − des raisons ergonomiques 7 « Il lettore come principio attivo dell'interpretazione è parte del quadro generativo del testo stesso », traduit par nos soins.

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