AGAPES FRANCOPHONES 2014

Le contenu culturel dans les textes destinés à l’enseignement des langues étrangères _____________________________________________________________ 317 L’enseignant d’une langue étrangère peut exploiter le mot « école » rencontré dans un texte pour présenter aux étudiants des données sur le système d’éducation dans le pays de la langue étudiée : âge de scolarité, matières enseignées, système d’évaluation, orientation et filières à suivre au secondaire, éducation obligatoire ou non et jusqu’à quel niveau, enseignement gratuit ou au contraire les parents doivent payer l’enseignement de leurs enfants, taux de scolarité dans le pays, etc. Le mot « mariage » permet de présenter des données sur les traditions du mariage et l’importance de l’institution du mariage chez le peuple de la langue cible. Le mot « amitié » se trouve en langue arabe, mais la notion d’amitié entre homme et femme n’est pas toujours tolérée dans la société arabe. Pour cette raison, le mot « ami(e) » ne peut pas être employé en famille et il est généralement remplacé par « connaissance » ou « collègue ». Dans la société arabe on ne peut pas aussi parler d’amour entre homme et femme et on remplace souvent le terme « amour » par « respect ». Ces mots, bien qu’ils aient des équivalents dans la langue maternelle de l’apprenant, enrichissent le cours de langue étrangère par des informations importantes sur la culture de la langue étudiée. Ces informations préviennent l’apprenant et le protègent des chocs culturels qu’il pourrait encourir lors d’une communication réelle avec des représentants de la langue étudiée. • Les mots sans équivalents : ce sont essentiellement les mots liés à l’histoire, aux traditions, aux rites religieux, à la cuisine nationale, etc. Le mot « ة » [ jilwa ] , par exemple, est purement tunisien et n’a pas d’équivalents dans d’autres langues ou même dans d’autres dialectes arabes, car il est relié à une manifestation traditionnelle tunisienne. A la veille du mariage, la nouvelle mariée porte un costume traditionnel doré tout en ayant le visage voilé, se met face à la Qibla (La Mecque) et fait 7 tours en montant sur un banc et en descendant, puis on lui dévoile le visage pour que les femmes présentes voient sa beauté. Il faut signaler que le numéro 7 est sacré chez les musulmans. Le mot « » [ khomsa ] vient du chiffre 5 qui est utilisé chez les tunisiens pour éviter le mauvais œil. Il est représenté par les cinq doigts de la main. Les appellations des plats nationaux rencontrées dans un texte peuvent être utilisées lors du cours de langue étrangère pour donner aux apprenants une idée sur la cuisine nationale du peuple de la langue cible. - Les mots qui expriment les nouvelles réalités dans la société : ces mots ont une grande valeur du point de vue culturel car ils reflètent de nouvelles approches, de nouveaux modes de penser et de nouvelles relations sociales. Après la révolution d’Octobre 1917, sont apparus les mots suivants : kolkhoze, sovkhoze, soviet, Soyouz , etc. A la fin des années 80 les mots pérestroïka, glasnost ont acquis une grande notoriété. En Tunisie, après la révolution de 2011, on a commencé à utiliser les mots : le déchu, le temporaire, la constituante, etc. Ce lexique peut avoir des équivalents, ou peut être sans équivalents, mais il est très riche du point de vue culturel, car il permet de présenter aux apprenants des informations utiles sur les grands évènements et les profondes transformations dans le pays de la langue étudiée et de leur donner une idée sur la situation actuelle dans ce pays. La traduction des mots sans équivalents, ainsi que des mots qui nécessitent un commentaire culturel représente une des grandes difficultés,

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