AGAPES FRANCOPHONES 2016
Ramona MALITA (Une) Introduction 11 3 Dictionnaire Quillet de la Langue Française, vol. K-P, Paris, Quillet, 1975, s.p. 4 Dictionnaire encyclopédique, Paris, Éditions Anzon, 2004, p.1130. 5 Dictionnaire analogique. Répertoire moderne des mots par les idées, des idées par les mots, d’après les principes de P. Bossière. Rédigé sur un plan nouveau par Charles Maquet, Larousse, 1936, p.414. 6 Dictionnaire de notre temps, Hachette, 1988, p.1106. Le Dictionnaire Quillet de la Langue Française 3 lie la parabole à la morale et à l’enseignement : «Parabole provient du grec « parabolê », action de juxtaposer ; syn. Allégorie qui contient une vérité morale, une leçon morale ; fiction, allégorie par laquelle on présente un sujet pour parler d’un autre. Le Roman de la Rose n’est qu’une suite d’allégorie de ce type ; figure matérielle servant à marquer une idée morale. » La définition est accompagnée toujours par une illustration textuelle médiévale non-religieuse, Le Roman de la Rose, d’où on peut se rendre compte que la morale y visée pourrait être la morale sociale et/ou l’intelligence morale quoti- dienne, pas nécessairement religieuse. Quant au Dictionnaire encyclopédique 4 , celui-ci propose une définition qui place la parabole sous le signe de l’allégorie, mais en direct voisinage au comportement humain, entendu comme règle sociale : « Allégorie qui renferme un enseignement moral, religieux ou une règle de conduite. Ex : parabole de l’enfant prodigue. Parler par paraboles = s’exprimer indirectement, en termes voilés. » Il est à remarquer aussi que ce dictionnaire introduit dans les explications sur la parabole la nuance de narration voilée ou d’expression oblique de la réalité. Le Dictionnaire analogique. Répertoire moderne des mots par les idées, des idées par lesmots, paruen lapériode d’entre-guerres, caractérise la parabole comme suit, en la plaçant à mi-chemin entre conte et comparaison : « Parabole : courbe, Bible, conte, comparaison » 5 . Les mots analogiques identifiés par les auteurs de ce dictionnaire regroupent en une même série et la Bible et la courbe, même si les étymons de deux sens du mot « parabole » sont différents. Considérons encore un dictionnaire général, le Dictionnaire de notre temps ; celui-ci identifie la parabole comme une partie de l’évangile qui se propose de transmettre une vérité (chrétienne ?): « Récit allégorique (partie de l’évangile) qui renferme une vérité, un enseignement. » 6 Assez pauvre en nuances et remarques justificatives, ce dictionnaire, même s’il n’est pas spécialisé, repose sur une expli- cation éminemment théologique, semblable à un dictionnaire biblique. Nous pouvons déduire selon les définitions présentées ci-dessus, recensées au détail, que la parabole est définie tantôt comme allégorie, tantôt comme comparai- son et, par conséquent, placée parmi les tropes. Parfois, la parabole est vue comme une figure de pensée ou une figure de mots ; par conséquent, elle est rangée parmi l’expression de la formation morale et/ou de conduite. Dans la plupart des cas, les définitions marquées dans les dictionnaires consultés établissent un rapport étroit entre la parabole et la Bible, entre la parabole et la morale chrétienne. Une autre remarque à souligner est que ces dictionnaires renvoient assez souvent à l’allégorie, comme directement et étroitement « apparentée » à la parabole : tantôt pour cause, tantôt à tort. Étymologiquement le sens de parabole est pareille/proche à celui de l’allégorie (dire les choses d’une manière différente). Les paraboles et les allégories étaient des formes didactiques qui présentaient au lecteur ouau spectateur des illustrations intéressantes d’où celui-ci pouvait extraire des vérités morales et
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