AGAPES FRANCOPHONES 2016
Agapes Francophones 2016 12 7 On se sert ici du sens abstrait de l’adjectif qui renvoie à l’activité intellectuelle. 8 Le concept du « numineux » apparaît pour la première fois chez Rudolf Otto dans son livre Le Sacré . L'expérience numineuse est pour lui l'expérience affective du sacré. Otto crée ce nouveau concept depuis le latin « numen » faisant référence à la divinité. Le numineux est ainsi un mystère (du latin « mysterium »), terrifiant (« tremendum ») et fascinant (« fasci- nans »). Il est « mysterium tremendum », c’est-à-dire mystère et terreur à la fois. 9 Homilétique, subst. fém. : « Partie de la théologie pastorale qui traite de la prédication ordinaire et permanente du pasteur aux fidèles » (TLFI, page consultée le 29 octobre 2016) religieuses. La parabole repose sur une comparaison qui n’est pas claire et signi- ficative tout de suite, ou sur une historiette/anecdote courte, descriptive, dont le but est de faire valoir une vérité ou une réponse à un questionnement existentiel ; la parabole s’apparente à l’allégorie qui renvoie à une histoire plus large, plus élaborée, aux détailsmultiplesmenant à l’explication suivie. La parabole et l’allégorie sont des moyens d’instruction-apprentissage très efficace. La parabole se sert de l’allégorie afin d’être plus percutante, pragmatique, profitable, lucrative 7 et illustrative. Mais au-delà des similitudes, il y a des différences qui individualisent les deux et justifient leurs vocables toujours différents. L’allégorie est essentiellement illustra- tive, de telle manière que les détails du conte ont été dérivés de l’application, elles sont des illustrations des principes généraux. Les paraboles sur Jésus contiennent des messages qui ne peuvent pas être transmis d’une autre manière, elles sont la forme appropriée de communication afin de révéler aux gens lemessage du royaume de Dieu. Le but de la parabole est de faire voir les mêmes choses dans une lumière nouvelle ; c’est donc une illustration du dicton latin : non nova, sed nove . Les para- boles sont des moyens de faire comprendre mieux l’incompréhensible et de con- vaincre sur la vérité immuable, de mener l’homme au point de prendre une décision à l’égard de sa vie. Jésus parle au niveau de compréhension de son public et emploie des images familières afin de rendre concrètes des idées abstraites avec lesquelles eux, les gens assoiffés de la vérité divine, ne sont pas familiarisés. Quelques traits des paraboles Elles se servent des effets domestiques, des objets tout à fait familiers, appartenant à l’« extrême » quotidien, à la portée de tous afin que tous puissent comprendre l’analogie et la comparaison cachée. L’auteur dont les intentions narratives sont paraboliques se sert parfois d’événe- ments numineux 8 ou abstraits, de toute façon qui renvoient au mystère ou à l’é- nigme, afin de les rendre plus lumineux et intelligibles et les faire sortir du fascinant. Le « numineux » est, selon Rudolf Otto et Carl Gustav Jung, ce qui saisit l'individu, ce qui venant « d'ailleurs », lui donne le sentiment d'être dépendant à l'égard d'un « tout Autre ». C'est « un sentiment de présence absolue, une présence divine. La parabole enseigne là-dessus. La parabole est un homiletica ars ou homileticum genus, car elle se rapporte à la prédication familière et à l’élément homilétique 9 , d’édification oud’enseignement. À partir de la prédication de la Parole divine, la parabole se fait place et à grand succès dans le domaine de la vie laïque, de la société en général. D’ailleurs, le sens
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