AGAPES FRANCOPHONES 2016

159 L’histoire du roi Bilboc en tant que clé interprétative de l’univers germanien R OXANA NOJA Université « Babeş–Bolyai » Cluj-Napoca, Roumanie On finirait par devenir fou ou par mourir si on ne pouvait pas pleurer. (Guy de Maupassant) Résumé. Sylvie Germain est un écrivain qui a réussi à créer une œuvre singulière dans la littérature française actuelle, ses livres débordant de talent et de sensibilité poétique tou- chante. La présentation de ses nombreuses distinctions est devenue superflue, son nom ré- sonnant depuis longtemps pour ceux qui ont déjà eu l’occasion de pénétrer dans l’univers fascinant de ses romans. Dans le présent travail, nous revenons avec grand intérêt et en- thousiasme à un de ses livres, Petites scènes capitales, persuadée qu’il nous reste énormé- ment de richesses à découvrir dans les profondeurs du livre. Plus précisément, nous allons concentrer notre attention sur un conte inséré par l’écrivain à l’intérieur du roman, celui du roi Bilboc, en l’utilisant comme passeport vers des nouveaux terroirs interprétatifs. Il s’agit d’une histoire que l’aînée de la famille, Jeanne-Joy avait l’habitude de lire à ses sœurs ca- dettes. Le conte émeut profondément Lili, la protagoniste du roman, lamarque, dans sa tête se conturant une association entre le roi qui boit ses larmes et son père, Gabriel. Ainsi, maintes fois à travers le roman la fille rebaptise son père, en le nommant son roi Bilboc. D’abord nous nous pencherons sur la motivation de l’écrivain d’introduire dans le roman l’histoire d’un roi accablé de solitude, enivré par ses larmes d’extrême bonheur ou tristesse, en essayant de découvrir le fonctionnement parabolique du conte ainsi que sa portée sur l’intégralité du livre, les artifices narratologiques dont l’auteur se sert pour introduire le conte dans le roman. Vu le contexte qui occupe le premier plan du livre, celui d’un milieu familial conflictuel, le récit du roi Bilboc ouvre une nouvelle perspective, ou mieux dit, une perspective plus claire sur la relationpère–fille, mais aussi sur le portrait de la protagoniste. En plus, l’identification de l’alternance émotionnelle du conte à la structure du roman dé- voile l’organisation des «scènes capitales» qui, pareilles aux réactions du roi, passent du pleur au rire, marquant à jamais le destin des personnages. Abstract. Sylvie Germain is a writer who managed to create a unique work in the contem- porary French literature, her books being full of talent and touching poetic sensitivity. The presentation of his many awards has become redundant because her name resonates since a long time for those who have already had the opportunuty to enter the fascinating world of her novels. In the present work we return with great interest and enthusiasm to one of her novels, Petites scenes capitales, convinced that we still have a lot of treasures to discover in the depths of the book. More precisely, we will focus our attention on a tale that the writer inserted in the novel, the tale of king Bilboc, using it as a passport to new interpre- tative perspectives. This is a story that the eldest of the family used to read to her younger sisters. The story moves deeply Lili, the protagonist of the novel, it affects her, the reason why she creates and association between the king who drinks his tears and her father, Gabriel. So, many time troughout the novel the girl renames her father by calling him her Bilboc king. First we will look at the writer motivation to introduce in the novel the story of a king overwhelmedwith loneliness, exhilarated by his extreme hapiness or sadness tears. We will try to discover the parable features of the tale, its significance for the entire novel and the narratological skills the writer uses to introduce the story in the novel. Given the

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