AGAPES FRANCOPHONES 2016

Agapes Francophones 2016 160 1 Pleşu, Andrei, Parabolele lui Iisus, Bucureşti, Humanitas, 2015, p. 12. context that takes up the foreground of the book, that of a conflictual family environment, the story of the king Bilboc opens a new perspective, or rather, a clearer perspective on the relationship father-daughter but also on the portrait of the protagonist. In addition, the identification of the tale emotional alternation to the novel structure reveals the organiza- tion of the «capital scenes» which, similar to the king’s reactions, change from crying to laughter, marking forever the fate of the characters. Mots-clés : SylvieGermain, conte, Petites scènes capitales, narrationparabolique, orphelin. Keywords : Sylvie Germain, tale, Petites scènes capitales, parabolic narration, orphan. Préliminaires Dans son livre, Les paraboles de Jésus, Andrei Pleşu classe les questions en trois types. D’abord il parle des questions qui ont une réponse bien connue, d’habitude les questions concernant la vie quotidienne comme : «Quel est le nombre du bus qui va à la gare? », mais aussi les questions de l’expérience scientifique: « Quelle est la théorie évolutionniste de Darwin? ». Après, il mentionne les questions spécifiques à l’enfance : « Pourquoi la main a-t-elle cinq doigts? », « Qui a inventé le som- meil? », pour finir avec les «grandes» questions, celles qui ont provoqué beaucoup d’insomnies dostoïevskiennes, et que Andrei Pleşu appelle «définitives, inévitables et muettes» 1 : « Quel est le sens de la vie? », « Qu’est-ce que le bonheur? » etc. Ce sont des questions qui semblent ne pas attendre de réponse clarificatrice, qui se nourrissent précisément de leur essence interrogative. Si, aux deux premiers types de questions, on peut, soit refuser la réponse soit essayer de la trouver dans une explication scientifique, ce dernier type ne demande pas d’explication logique, mais incite au voyage dans un labyrinthe métaphorique, à un détour au visage de méta- morphose. À l’affirmation directe de l’état réel des choses, se substitue le choix de raconter une histoire, d’errer dans l’univers magique du conte tout en essayant de découvrir des associations incontournables qui pourraient tromper le besoin de réponse. Nous avons trouvé cette introduction pertinente pour éclairer la démarche que nous allons suivre, étant donné que l’objet de notre étude est constitué par l’histoire d’une vie qui se veut la réponse à cette grande question qui chasse la paix et le som- meil de tant de nuits : « Qui suis-je? ». Dans ce qui suit, nous allons nous intéresser au roman de Sylvie Germain, Petites scènes capitales, afin d’analyser précisément ce livre qui fait preuve d’un immense talent et d’une grande sensibilité littéraire, pour en découvrir les nombreuses richesses interprétatives. Enumérer les distinc- tions et le talent de l’écrivain nous semblerait redondant, Sylvie Germain étant déjà une figure qui a réussi à se frayer un chemin marquant dans la littérature actuelle. Cette fois-ci nous voudrions nous intéresser à un conte encadré dans le roman, celui du roi Bilboc, le roi qui boit ses larmes, en l’utilisant en tant que clé exégétique ouv- rant des niveaux de lecture supérieurs. Un conte au fonctionnement parabolique puisqu’il s’inscrit dans la définition de la parabole. Prenons un exemple : La parabole est (...) comme un composé de corps et d'âme. Le corps, c'est le récit lui-même dans son sens obvie et naturel, récit qui se tient par lui-même et ne renferme que des éléments appartenant aux réalités ordinaires. L'âme est une suite d'idées parallèles aux premières, se déroulant dans le même ordre, mais

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