AGAPES FRANCOPHONES 2016

Roxana NOJA L’histoire du roi Bilboc en tant que clé interprétative de l’univers germanien 163 8 theopedie.com 9 Genette, Gérard, Figures III, Paris Seuil, 1972, p. 242. 10 Genette, Gérard, Figures III, Paris Seuil, 1972, p. 242. 11 Lazartiguez, Alain, Beaux-parents, beaux-enfants, rienn’est simple !, format en ligne. Dis- ponible sur http://www.yapaka.be/ (consulté le 26 février 2016). concrète, Jésus choisit de raconter une histoire, mais une histoire qui contient la ré- ponse à la question posée. Une histoire qui à la première vue semble facile à com- prendre, accessible aux grandesmasses, mais qui demande une attention plus précise afin d’en tirer le sens profond. À l’instar de la parabole biblique, l’histoire du roi Bilboc invite aussi à une attention plus précise, intérêt traduit par notre démarche. Comme l’étymologie dumot l’indique, parabole tire son origine d’un terme grec signifiant « comparaison, illustration, analogie » 8 Le succès de sa réception va s’ac- tiver sur la base d’une association entre les éléments de la parabole et l’univers con- nu du récepteur. Ces précisions semblent introduire et renforcer le deuxième type de relation entre le récit cadre et le récit encadré, une relation thématique d’analo- gie. 9 Dans le cas de Lili, récepteur (narrataire 10 ) intra-diégétique, étant donné son âge, nous nous trouvons sur le territoire de l’enfance dont la perspective sur le mac- rocosme environnant est limitée, raison pour laquelle l’histoire du roi Bilboc devient source des associations capables de lui expliquer l’inaccessible de certainsmoments majeurs de sa vie. L’importance que la fille a accordée à cette histoire, la preuve qu’elle en a été marquée, se reflète dans les nombreuses références au roi Bilboc à travers le roman, personnage qu’elle associe toujours, comme nous l’avons déjà pré- cisé, à son père. Lili et son père, une relation entre solitude et équité La souffrance a inspiré à Lili des surnoms qu’elle donne à son père, certes, en si- lence, des noms des personnages des contes lus et associés à celui-ci. Elle l’appelle Dioscore comme le père – bourreau de Sainte Barbara, dont elle porte le nom – qui a voulu décapiter sa fille après avoir voulu la brûler vivante seulement parce qu’elle s’était convertie au christianisme. Puis, Lili nomme son père «son roi Bilboc » d’a- près l’histoire que Jeanne Joy lui a lue. Le père – roi, « Premier et Dernier du Nom», mais comme le roi Bilboc, Gabriel règne sur un royaume en ruine. Le départ de sa femme provoque à l’instar de l’effet domino, les événements qui métamor- phoseront sa famille à jamais. Gabriel reste seul avec un bébé de onze mois après l’abandon de sa femme, trop bohème pour pouvoir remplir son devoir paternel. Sa chance a été d’avoir sa mère à ses côtés, puisqu’elle l’a beaucoup aidé dans l’éducation de Lili, essayant de com- bler l’absence demère et d’accomplir le rôlematernel. Pendant cette période de soli- tude à deux qui suit la séparation, Lili et son père vivent une relation de « quasi- symétrie » voire de « pseudo conjoint » qui procure à l’enfant de la satisfaction ren- contrant les motions pulsionnelles œdipiennes. D’abord, la petite fille est dans une relation sensuelle avec sa mère, elle cherche son odeur, sa tendresse, son amour. Mais, parce qu’elle cherche ce quelque chose qui manque, elle se tourne vers le père, entrant de cette manière dans la période œdipienne. « Ce mouvement, au niveau fantasmatique, équivaut à une intrusion dans le couple parental: une tentative d’em- prise sur le père, ce qui ne se passe pas sans conflits internes puisqu’on ne se dé- tourne pas aussi facilement de son premier amour ». 11 Ce phénomène naturel expli-

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=