AGAPES FRANCOPHONES 2016

Agapes Francophones 2016 180 1 http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/visusel.exe?11;s=1286835825;r=1;nat=;sol=0. C’est surtout le sens élargi du concept que cette analyse privilégie. Dans cette analyse, nous mettrons d’abord en évidence les éléments qui nous per- mettent de considérer Lorsque j’étais uneœuvre d’art un récit-parabole, ensuite la ré- flexion portera sur la thématique symbolique développée par le roman et ses enjeux. Le Trésor de la Langue Française informatisé définit la parabole comme : A. 1. Court récit allégorique, symbolique, de caractère familier, sous lequel se cache un enseignement moral ou religieux, que l'on trouve en particulier dans les livres saints et qui fut utilisé par le Christ dans sa prédication. 1. La parabole est [...] comme un composé de corps et d'âme. Le corps, c'est le récit lui-même dans son sens obvie et naturel, récit qui se tient par lui-même et ne renferme que des éléments appartenant aux réalités ordinaires. L'âme est une suite d'idées parallèles aux premières, se déroulant dans le même ordre, mais dans un plan supérieur, de sorte qu'il faut être averti et apporter de l'attention pour les saisir. Bible 1912. 2. P. ext. Récit symbolique quelconque 1 . Dans son étude « Qu’est-ce qu’une parabole ? », Denis Girra la définit, à son tour, dans les termes suivants : La parabole est un récit énigmatique surprenant, qui fascine les croyants et les poètes de tous les temps. […] Dans un premier temps, la parabole répond effec- tivement à une question ; dans un second temps, elle renvoie celui qui interroge à lui-même. Autre qu'un simple discours, la parabole est un “liant” dans un dia- logue entre deux parties ; une sorte d'espace qui accueille une question pour la renvoyer, modifiée, à celui qui la pose. 2014 : § 1) C’est à partir de l’analyse du fonctionnement de la parabole proposée par le théolo- gien, que nous voulons montrer que Lorsque j’étais une œuvre d’art respecte les mêmes principes, ce qui justifie son statut de récit-parabole. Ainsi, la parabole est une « narration fictive et destinée à un transfert », qui fait référence à une autre réalité et provoque l'auditeur à s'ouvrir à cette autre ré- alité qu'elle évoque, peut-être même à prendre option sur cette réalité, car le ré- cit ne laisse pas son auditeur neutre. […] Elle ne raconte pas pour le plaisir de raconter, elle se présente avant tout comme unmoyen, un instrument, pour opé- rer un transfert ou une transformation. Elle cherche une forme d'assentiment, elle presse l'auditeur à prendre parti. (Girra 2014, 35) Le récit de Schmitt, comme tout autre récit fictif, invite le lecteur dans un monde possible, le confrontant, à travers les personnages et les situations imaginées, à sa propre fragilité, ses propres angoisses ou son propre individualisme. Dès lors, il est impossible de ne pas réagir, de ne pas adhérer à ce monde ou de ne pas le rejeter. D’une façon ou d’une autre, la lecture de Lorsque j’étais une œuvre d’art révèle l’impossible neutralité de son lecteur et l’invite à réfléchir, sans hypocrisie, sur la coexistence du Bien et du Mal dans la société contemporaine, mais aussi dans sa propre conscience, de comprendre, au-delà dumonde fictif, comment il se rapporte à la réalité de son monde, mais aussi à la réalité de son propre Moi, à s’accepter tel quel ou à conscientiser la nécessité d’un changement.

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=