AGAPES FRANCOPHONES 2016

Agapes Francophones 2016 194 ables, car, en réalité, le poète s’efforce de les harmoniser, par sa création, qui est aussi sonmessage, son héritage. La suite des cinq sonnets voudrait aboutir à unmes- sage optimiste, à l’espoir de voir continuer le miracle de la vie. Par lamort on piétine la mort, dit le refrain chrétien orthodoxe des Pâques…L’âme du Christ ressuscité illumine l’univers, tout l’avenir de l’humanité. Dans le volume collectif Littérature française du XIX e siècle, nous trouvons une excellente caractérisation du romantique Nerval à l’égard de ses confrères: Il rejoint, à la même date, le travail de Hugo et de Baudelaire sur les images. Il s’inscrit dans une tradition de réflexion sur les mythes et la mythologie menée depuis la deuxième moitié du XVIII e siècle qu’il concourt à revifier. Il s’insère aussi dans le mouvement très actif qui, au milieu du XIX e siècle, remet en hon- neur, contre la tradition chrétienne, les sagesses et l’esthétique du paganisme. (1993, 332) Vasile Voiculescu Le poète roumain de grande substance spirituelle est l’auteur d’un texte intitulé même În grădina Ghetsemani, où l’on remarque un Jésus toujours pâle, conscient de l’importance vitale du moment vécu. Des sueurs de sang lui coulent sur le front, il est assoiffé et son âme est déchirée par la profonde douleur...la nature partage sa souffrance, car le jardin est en désordre («vraiştea grădinii»), tandis que les oliviers se tourmentent («Deasupra, fără tihnă, se frământau măslinii». Les éperviers am- plifient cette sensation de grand danger imminent pour le soir qui va marquer à ja- mais l’histoire de l’humanité («I s us lu p ta cu soarta şi nu p rimea p aharul / Căzut pe brânci în iarbă, se-mpotrivea întruna»). Du point de vue phonique, les allitérations sont suggestives par les sonorités redondantes («o s ete uriaşă s tă s ufletul s ă-i rupă…»). Le verre contient une boisson affreuse, dans laquelle on peut pourtant de- viner la douceur, c’est-à-dire le goût de l’espoir, car le sacrifice n’est pas inutile. Les verbes employés sont tantôt à l’imparfait, tantôt au présent ou au gérondif, le plus souvent à l’imparfait de l’indicatif pour illustrer lemanque de frontières temporelles. Le cri désespéré de Jésus Christ («amarnica-i strigare») nous touche extrêmement fort par le naturel, le désarroi profondément humain. Tableaux au sujet du jardin de Ghethsémani Le sujet a inspiré beaucoup de peintres, parmi lesquels nous mentionnons : Pietro di CristoforoVannucci (dit Le Pérugin ): L'Agonie dans le jardin, Galerie desOffices, Florence; Niccolò Pizzolo : Le Christ sur le Mont des oliviers (vers 1450), Musée du Louvre; Bernard van Orley: Le Christ au jardin des oliviers; Giovanni Bellini: L'A- gonie dans le Jardin (vers 1465) ; Niccolò Alunno : Le Christ au Jardin des oli- viers (1492) ; Paul Véronèse : Le Christ soutenu par un ange (v. 1580), Pinaco- thèque de Brera, Milan; El Greco: Agonie au Jardin (1588), Museumof Art, Tolède ; Nicolas Poussin: L'agonie dans le jardin (1630) ; Philippe de Champaigne : Le Christ au jardin des oliviers ; Bartolomé Esteban Murillo : Le Christ au Jardin des oli- viers (1675 à 1680); Sebastiano Ricci : Prière au jardin ( 1730), Kunsthistorisches Museum, Vienne; William Blake : Agonie au jardin (1799–1800), Tate galleries; Eugène Delacroix: Le Christ au jardin des oliviers (1826), Église Saint-Paul-Saint- Louis, Paris ; William Degouve de Nuncques : le Christ au jardin des oliviers, col-

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