AGAPES FRANCOPHONES 2016
Agapes Francophones 2016 202 5 Cf. Moshe Idel, Le Paradis dans le mysticisme judaïque, Samuel Tastet Editeur, 2009 6 Maimonide, LeGuide des égarés suivi par le Traité des huit chapitres, Paris, Verdier, 1979. 7 Cf. Maimonide, op. cit, p. 82. 8 Cf. Moshe Idel, Le Paradis dans le mysticisme judaïque, op. cit., p. 69. 9 Cf. Jean Delumeau, op. cit. 10 Cr. Daniel Sibony, op. cit., p. 25–26. Je cherche sur une carte géographique le nomde Nostrand. Je cherche les côtes du Holstein. Je comprends tout à coup qu’il n’est pas singulier que je ne les dé- couvre pas dans l’air atmosphérique. Où est le perdu ? Où s’est perdu le perdu, là est situé le dernier royaume. J’ai demandé à la levée de la Loire une part de son ombre. Puis je l’ai inventée. Puis elle m’a accueilli. (Quignard 2002a, 22) Dans un autre registre, le livre hébreu de la Genèse ne parle que du « Jardin d’Éden » (Gan ‘Eden). On trouve le mot hébreu Pardès, seulement dans le sens de « verger », en trois occurrences de la Bible hébraïque 5 . Dans la littérature de l’époque du Second Temple, le paradis est parfois assimilé au troisième ciel. Mai- monide 6 dans Le Guide des égarés affirme que Gan signifie un endroit où pousse la végétation ; pareil est le cerveau, endroit qui reçoit toutes sortes de formes de con- cepts. « Les deux arbres qui poussent dans le jardin témoignent de cette force […] et puisque l’Eden est Me’id, l’un des arbres procure la sagesse, l’autre le plaisir, la passion (des Délices). » 7 Dans la même lignée se situe Rabbi Jacob Anatoli lorsqu’il affirme que « Je crois que les sages ont été d’avis que « Paradis » est une appellation qui désigne toutes les sciences. » Aussi Abulafia affirme la relation entre Paradis – Pardes – théologie – métaphysique. 8 Dans la religion chrétienne, il y a deux paradis : le paradis terrestre et le paradis céleste. Le paradis terrestre, lieu créé par Dieu où Adam et Ève devaient vivre ainsi que leurs descendants 9 . Le paradis terrestre, appelé aussi jardin des délices ou jardin d’Éden, est décrit dans la Bible dans le livre de la Genèse comme un jardin merveil- leux où poussaient toutes sortes d’arbres et de plantes aux fruits délicieux, et où tous les animaux vivaient en harmonie sous la direction de l’homme. Selon l’idée com- mune, le paradis céleste est la demeure des âmes des justes après leur mort. Ce n’est pas un lieumatériel mais un état spirituel, où les justes connaîtront le bonheur éter- nel, parfait et infini dans la contemplation de Dieu 10 . Le paradis terrestre était l’i- mage du paradis céleste, de la terre invisible, comment l’appelle Quignard, tout en assignant un lieu géographique réel à cet endroit : Terre invisible Le temps est notre terra invisibilis . Ce mot est d’Augustin. Terre invisible dès le principe, dit-il, avant le ciel corporel et son étendue bleue, avant la création de la mer et celle de la terre visible, ses forêts, ses monts, ses cimes, le temps se tient à la limite de l’origine, à la frontière de l’abîme. […] Là où confluent la Seine et l’Eure il y avait un royaume. Là, jadis, aimait à s’exiler la reine Frénégonde. (Quignard 2002b, 51)
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