AGAPES FRANCOPHONES 2016

Eugenia ARJOCA-IEREMIA Le pouvoir protéiforme de la parabole biblique : le symbolisme de la fleur de lis 239 pour armoiries, par allusion à son nom Loys, comme il l’écrivait alors ; la « fleur de Loys » serait ainsi devenue « fleur de Louis » puis « fleur de lis ». Avec le temps, le lis héraldique, devenu « aigrette trifide », a changé de style mais a toujours gardé la même forme : une partie centrale et deux parties latérales rete- nues par la « barrette ». Les éléments inférieurs sont dits les « barreaux », pouvant être réunis en un seul pied en forme de losange ou supprimés. Ce qui importe dans la fleur de lis héraldique n’est pas sa couleur dorée, qui est loin de la fleur de lis des jardins, mais avant tout le symbole trinitaire. 2. La fleur de lis – symbole de soumission à la volonté divine Le lis symbolise également l’abandon à la volonté divine, à la Providence qui pour- voit au besoin de ses élus, comme on peut le constater dans le texte du Nouveau Testament : 25 Voilà pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? 26 Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas plus qu’eux ? 27 Qui d’entre vous d’ail- leurs peut, en s’en inquiétant, ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie ? 28 Et du vêtement, pourquoi vous inquiétez ?Observez les lis des champs, comme ils poussent : ils ne peinent ni ne filent. (Saint-Mathieu 6 : 25–28) La parabole relatée par Saint Mathieu, dans laquelle Jésus Christ fait une comparai- son remarquable entre les oiseaux du ciel et les lis des champs d’une part et les hu- mains de l’autre, met en évidence le fait que la générosité et la protection divines sont aussi garanties à tous ceux qui s’attachent aux valeurs données par Dieu, les- quelles sont symbolisées par le Royaume des Cieux. La Parabole rappelle le Psaume 34, versets 10–11 : « Mais ceux qui cherchent l’Éternel ne seront privés d’aucun bien ». Alors, pour mieux saisir le poids de la devise royale : « Ex omnibus floribus elligi mihi lilium. Lilia non laborant neque nent », il faut examiner aussi d’autres versets (31–33) du même chapitre 6 de l’Évangile selon Saint Matthieu : 31 Ne vous inquiéter donc pas endisant : Qu’allons-nousmanger ?Qu’allons-nous boire ? De quoi allons-nous nous vêtir ? 32 Ce sont là toutes choses dont les païens sont en quête. Or votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout ce- la. 33 Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. (Saint-Mathieu 6 : 31–33) Le souci et l’inquiétude du lendemain n’est pas le bon compagnon du croyant, car il fait barrage à l’action et au dynamisme. Mais qu’est-ce qui provoque en nous l’in- quiétude ? Nous sommes préoccupés d’amasser des biens matériels, poussés par la peur de ne pas en avoir assez ; c’est un repli sur soi qui nous fait agir de manière égo- ïste. Dans une situation de crise, face à une menace de manque, nous éprouvons le besoin de stocker le plus de produits possible. Il ne faut pas non plus rester dans une inactivité passive, en attendant que Dieu fasse ce que nous n’avons pas le courage de faire. Jésus par ses propos renverse les valeurs auxquelles nous sommes habitués. Il faut chercher le Royaume du Père céleste et sa justice.

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