AGAPES FRANCOPHONES 2016
Eugenia ARJOCA-IEREMIA Le pouvoir protéiforme de la parabole biblique : le symbolisme de la fleur de lis 241 5 http://www.larousse.fr/encyclopédie/groupe-personnage/Capétiens/11161 , consulté le24 septembre, 2016. 6 Le roi capétien Philippe IV le Bel est connu pour son affrontement avec le pape Boniface VIII. Le pape et le roi demandent toujours plus d’argent au clergé français, ce qui crée un con- flit d’intérêt inévitable. La querelle a pour cause la questionde la souveraineté des rois sur leurs États et du pouvoir suprême des papes sur les clergés nationaux et les princes. Guillaume de Nogaret, conseiller du roi Philippe le Bel et garde du Sceau, s’alliant à la famille italienne Co- lonna, prend d’assaut, à la tête d’une petite armée, le palais pontifical ; Boniface VIII est fait prisonnier en septembre 1303 ; il mourra quelques semaines plus tard. Ses successeurs s’in- stallent en Avignon pour échapper aux troubles romains, mettant ainsi, pour trois quarts de siècle, la papauté sous l’influence directe de la France (à consulter Julien Théry-Astruc, « Le pionnier de la théocratie royale. Guillaume de Nogaret et les conflits de Philippe le Bel avec la papauté », dans Bernard Moreau (dir.), Guillaume de Nogaret. Un languedocien au service de la monarchie capétienne, Nîmes, Lucie Éditions, 2012, 101–128 [En ligne]. URL : https:// www.academia.edu/1998079/, (consulté le 20 septembre 2016). mandie, l’Anjou, l’Artois, l’Auvergne, le Berry et la Touraine. Philippe Auguste avait pour objectif principal l’abaissement des Plantagenêt ; de plus, la victoire de Bou- vines, en 1214, sur l’empereur du Saint-Empire et le comte de Flandre alliés au sou- verain anglais fait de lui le seigneur le plus puissant de tout le royaume. À son retour la population lui fit un accueil digne des triomphes de la Rome antique. Il paraît que c’est là, pour la première fois, l’expression de « sentiment national » en France. Les rois capétiens ont poursuivi aussi la modernisation du pays. Ils font augmenter les recettes fiscales et instaurent une armée régulière. Ainsi, la féodalité (apanages, droits féodaux, vassalité) a été assurée tout au long du règne des capétiens directs. À l’exception d’Hugues Capet, qui reçoit le sacre à Noyon, tous les autres rois capé- tiens sont sacrés à Reims, en présence des pairs laïques et ecclésiastiques. La céré- monie est double : elle comprend la remise des insignes de la royauté (la couronne, le sceptre, la main de justice, l’épée, etc. et une onction faite sur la tête et différentes parties du corps du nouveau souverain, à l’aide non pas d’huiles bénites, mais d’un chrême (mélange d’huile et de baume). Ainsi, les rois de France, comme les rois d’Is- raël de jadis, se trouvent-ils investis d’un caractère sacré qui leur confère le pouvoir magique de guérir les écrouelles. En fait, les Capétiens sont des rois thaumaturges 5 . GeorgesDuby et RobertMandrou surprennent demanière synthétique quelques traits définitoires du règne des Capétiens : Le roi de France conservait trois positions sûres. Son titre d’abord, le privilège unique d’avoir été sacré, c’est-à-dire imprégné de la puissance divine 5 […] Le roi de France, d’autre part, surplombe le réseau infiniment embrouillé des relations vassaliques ; […] lui ne prête hommage à personne – parmi tous les nobles, il est le seul à ne pas s’agenouiller, tête nue, mains jointes, devant quiconque, sinon Dieu, son seul seigneur ; en revanche, les plus hauts barons du royaume, les ducs, les plus puissants des comtes sont ses fidèles, comme leurs ancêtres l’étaient de Charlemagne ; […] Enfin, le roi est le maître d’une grosse seigneurie familiale : son domaine. (1968, 150–151). En fait, les rois capétiens agrandirent constamment leurs domaines, de sorte que le royaume de France devint de plus en plus puissant en Europe, devant le papemême 6 et l’Angleterre.
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