AGAPES FRANCOPHONES 2016

Agapes Francophones 2016 242 7 URL : http://gallica.bnf.fr ./ark:/12148/bpt6k6547873b, (consulté le 25 septembre 2016). 8 Lesmonuments romains et byzantins ainsi que les couronnes, sceptres et trônes des empe- reurs sont ornés d’aigrettes trifides. Le motif de l'aigrette trifide est davantage présent chez les Lombards au VIII e siècle. Le lys apparaît dans le monde franc à la fin du règne de Pépin le Bref (715–768) et au début de celui de Charlemagne (742–814), qui furent précisément en contact de plus en plus étroit avec les Lombards. Voulant se placer dans la tradition de la royauté biblique, les Carolingiens font cultiver le lys qui figure en tête des fleurs devant pousser dans les jardins royaux. Dès Charles II le Chauve (823–870), les lys d’or prolifèrent, d’un style très simplifié sur les sceptres et les couronnes : ils présentent trois pétales au lieu de six, comme le lys blanc des jardins des mosaïques de Rome et Ravenne qui avaient également trois. Dès les premiers Capétiens directs, le lys est présent dans la symbolique royale : Robert II le Pieux (972–1031) a sur son sceau une couronne fleurdelisée et tient un fleuron à trois étages. 3.2. Le lis sous les premiers Capétiens directs. Apparition de la fleur de lis comme meuble héraldique sous Louis VII. La signification de la couleur bleue du manteau royal Nous avons évoqué en quelques mots le contexte historique pour mieux com- prendre la nécessité de la création de l’héraldique royale sous le règne de Louis VII (dit Louis le Jeune, 1120–1180, roi des Francs de 1137 à 1180), second fils de Louis VI le Gros. Louis VII n’avait pas été préparé pour une carrière royale, mais plutôt pour une carrière ecclésiastique, voir même monastique. Cela explique sa piété austère et rigoureuse ainsi que le fait d’avoir choisi le lis comme meuble héraldique (à consulter Jules Viard (éd.), Les Grandes chroniques de France : publiées pour la Société de l’Histoire de France par Jules Viard, t. 6 : Louis VII le Jeune et Philippe II Auguste, Paris, Librairie ancienne Honoré Champion, 1930, XV–394 p., en ligne) 7 . En fait c’est à partir de Louis VII que le décor royal et étatique sera criblé de fleurs de lis . 3.2.1. Les armoiries royales Selon le Trésor de laLangue française informatisé (TLFi), par armoiries, il faut comprendre l’ « ensemble des emblèmes […] constitués par des signes symboliques, attribués à des familles nobles des villes, des peuples, des corporations, etc. (…) Remarque. Armoiries désigne proprement les signes héraldiques, c’est-à-dire sur le bouclier, l’écu, la cote d’armes. Puis il désigne les emblèmes figurés sur un écu symbolique (écu armorial), de là l’emploi du mot armes dans le sens d’ armoiries ». La science des armoiries c’est le blason, qui désigne aussi «l’ensemble des pièces formant l’écu héraldique d’un État, une ville, une famille» (TLFi). C’est pendant le règne de Louis VII que l’on établit l’armorial des Capétiens, un écu héraldique de forme quadrangulaire, arrondi à la base et terminé en pointe, d’azur semé de fleurs de lys d’or (c’est-à-dire, sans nombre défini et disposées en quinconce), jusqu’en 1376 et d’azur à trois fleurs de lys d’or après cette date. La fleur de lys héraldique, appartient à la catégorie desmeubles héraldiques, tout comme les différentes croix, l’aigle ou le lion. Elle s’inspire, comme on l’a vu, de la fleur jaune de l’iris des marais, à trois pétales ; elle est stylisée sous la forme d’une aigrette trifide : trois pétales, un central, droit, accompagné de chaque côté d’un pétale plus court et courbé. Les pétales sont soutenus par une barrette horizontale, appelée « traverse » 8 . La fleur de lys d’or à trois pétales véhicule, du point de vue sé- miotique, trois significations, à savoir, elle fait allusion aux lis des champs de la pa- rabole biblique selon SaintMatthieu et à l’enseignement qu’il faut tirer de cette para- bole très complexe ; les trois pétales de la fleur de lys ainsi que le nombre des fleurs

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