AGAPES FRANCOPHONES 2016

Agapes Francophones 2016 260 Depuis la nuit des temps jusqu’à aujourd’hui, les hommes et les femmes ont montré leur capacité à s’organiser progressivement en clans puis en sociétés plus élaborées et hiérarchisées, en fonction de classes sociales établies suivant des critères plus ou moins objectifs. Cette coexistence des différentes strates de la société a façonné l’établissement des rapports entre communautés sur unmême continent et au-delà, en fonction d’une vision commune et d’une orientation de la population différente vers les divinités anciennes, avant de se tourner, pour certaines, vers des cultes mo- nothéistes. Pour autant, nos cultes actuels gardent parfois dans leurs origines les traces de certaines coutumes ancestrales, ce qui témoigne, par ce biais aussi, de l’attachement de nos peuples à leurs racines archaïques et « païennes », de l’imprégnation de la vie quotidienne dans nos comportements et de la superposition de certaines croyances. Le continent européen a étémarqué par des événementsmarquants qui ont façonné son évolution, sa spécificité par rapport aux autres et, si l’on y regarde de plus près, un certain cloisonnement entre orient et occident, du fait d’influences différentes à des périodes diverses de son histoire. Ainsi, la naissance de l’Empire romain, sa fragmentation progressive, à la mort de Constantin avec, d’une part, la partie occidentale qui avait pour capitale Rome et, d’autre part, la partie orientale qui reconnaissait Byzance/Constantinople, ont eudes répercussions indéniables, des points de vue culturels et linguistiques. Cette frag- mentation et ce déclin ont été accentués par des avancées de peuplades venues d’Orient ou du Nord, qui ont modifié la cartographie des peuples issus de la con- quête romaine. En effet, ceux-ci avaient déjà expérimenté des contacts avec lesGrecs durant la période antique, ce qui a contribué à l’émergence d’une culture gréco-la- tine. L’influence slave s’est fait davantage sentir sur la partie orientale, même si on note aussi sa présence du côté occidental par le biais des Grecs, dans le vocabulaire ecclésiastique, en particulier. Un grand bouleversement s’est fait sentir avec l’avan- cée des Ottomans en Occident (476 : chute de l’Empire romain d’occident), tandis que la partie orientale résistera jusqu’en 1453, ce qui, comme nous l’avons indiqué par ailleurs, a entraîné un isolement accentué de la partie orientale de la latinité de Rome et de son berceau historique et un complet retournement vers Byzance qui a subsisté comme capitale de l’Empire d’orient pendant plusieurs siècles. À l’intérieur de ce bloc oriental, les Roumains et les Dalmates (jusqu’au début du XX e siècle) sont restés les seuls représentants de la latinité, ce qui leur confère une place de choix dans le domaine de la linguistique. La langue roumaine est empreinte jusqu’à nos jours de ces différentes states ré- sultant d’influences postérieures au latin qui ont conduit à l’adoption du rite gréco- orthodoxe et de l’alphabet cyrillique jusqu’à une période assez récente (1866, abro- gation officielle de l’alphabet cyrillique, même si dès le début du XIX e siècle son utilisation était de plus en plus contestée, notamment en Valachie et en Moldavie). Cette fragmentation de l’Empire a également engendré, de part et d’autre, une certaine diversification des sources dans les écrits conservés qui sont, bien souvent, durant la période ancienne, des ouvrages à caractère sacré/religieux et/ou histo- rique. Ladiffusion des ouvragesmanuscrits par le biais des copies et de l’imprimerie, dans les parties occidentale et orientale, a facilité plus tard le travail des linguistes et philologues qui se sont attachés à comparer les ouvrages anciens, afin d’en faire ressortir leurs caractères communs et leurs divergences et afin de combler certains manques dus à la perte de certaines parties d’entre eux.

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