AGAPES FRANCOPHONES 2016

Agapes Francophones 2016 264 4 Il prit alors l’aspect d’un serpent. Ce serpent se pencha vers Eve et lui chuchota à l’oreille : « Pourquoi ne mangez-vous pas du fruit de l’arbre qui est au milieu du paradis? » Eve lui ré- pondit par ces mots : « C’est le commandement de Dieu de ne pas manger du fruit de cet arbre ». Le serpent lui dit (90 r ) : « Si vous mangez du fruit de l’arbre qui se trouve au milieu du paradis, vous serez des dieux, tout comme le Dieu vivant et vous connaîtrez le bien et le mal ». Eve n’a pas compris lesmots trompeurs et, dupée par ses paroles, elle s’approcha d’Ada- m et lui dit : « Le serpent m’a dit que si nous mangions du fruit de cet arbre élu qui est au mi- lieu du paradis, nous serions des dieux, tout comme notre Seigneur ». Donc, Adam n’a pas été maître de son esprit. Il a apprécié, lui aussi, les paroles trompeuses [qui disaient] de s’opposer à notre Dieu et ils ont pensé à manger tout de suite du fruit de cet arbre. Ils ont commis alors deux grands péchés : en premier lieu, ils ont enfreint le commandement de Dieu ; en second lieu, ils ont voulu être hostiles à notre Seigneur, en mangeant (90 v ) du fruit de cet arbre sans la permission de Dieu.] (Traduit par E. Variot) 5 Dragoş, un fils du voiévode Bogdan, décida en fin de compte, vers la fin de l’année d’entre- prendre une marche dans les montagnes vers l’est, accompagné au début de seulement trois cents hommes, comme s’il partait à la chasse. En chemin, il tomba par hasard sur unbœuf sau- vage, appelé par lesMoldaves, auroch et tout en le chassant, il parvint aux pieds desmontagnes (traduit par E. Variot). îndată dintr-acel pom. Două păcate mari au făcut atunci : unul, au călcat porunca lui Dumnezeu, iar al doilea au vrut să fie potrivnici Domnului nostru, mâncând (90 v ) din pomul acela fără voia lui Dumnezeu (Neagoe Basarab, Învăţăturile lui Neagoe Basarab către fiul său Theodosie 1996, 373) 4 . Neagoe Basarab insiste, en bien des endroits de son ouvrage, sur la nécessité, en par- ticulier, pour celui qui est appelé à régner, de se comporter de manière décente et de prendre toute mesure afin de se prémunir du péché, afin de rester du côté des justes. Certains récits renvoient également auxorigines, en particulier, à celles de la fon- dation des principautés historiques. C’est ainsi que Dimitrie Cantemir reprend la fondation légendaire de la Moldavie, afin de l’ancrer dans la tradition roumaine : Dragoş, un fiu al voievodului lor Bogdan, se hotărî în cele din urmă către anul să cuteze un marş peste munţi spre răsărit, însoţit la început numai de trei sute de oameni, ca şi cum ar pleca la vînătoare. Pe drum dădu din întîmplare peste un bou sălbatic, numit de moldoveni zîmbru, şi, tot gonindu-l, ajunse la poalele munţilor. (D. Cantemir, Descrierea Moldovei 1981, 4–5) 5 . Nous ne ferons pas de commentaire étymologique sur ce fragment choisi pour ce caractère culturel étant donné que l’œuvre de Dimitrie Cantemir a été rédigée en latin et que le fragment auquel nous avons eu accès est une traduction contem- poraine. La référence à un événement somme toute assez familier dans la vie d’un jeune chevalier, une chasse à courre, pour expliquer la fondation de laMoldavie, raccroche celle-ci à un destin spécifique que les fées ou les divinités ancestrales ont choisi pour le peuple élu, en s’appuyant aussi sur une branche illustre qui a régné également en Valachie. Neagoe Basarab choisit, pour ses enseignements, de nombreuses scènes bi- bliques, dans un contexte historique et culturel empreint d’une très grande piété et d’une volonté de remercier la grâce divine à chaque victoire de la chrétienté sur le monde ottoman. La parabole de la pêche miraculeuse et le remerciement à Dieu de donner à l’humble une nourriture terrestre suffisante pour nourrir son peuple s’ac-

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