AGAPES FRANCOPHONES 2016

Agapes Francophones 2016 34 se succédant selon une logique qui si souvent nous échappe. Plusieurs termes de cette partie du texte relèvent de l’aspect guerrier de l’amour, comme de celui de la création. On est en présence du rouge dominant, avec toutes les connotations de la passion (vin, pourpre, flamme, lèvres, sang, etc.). La fin figure encore une parabole de la vie comme défaite, ce qui nous conduit à la lecture d’un autre poème qui valorise la parabole de la vie comme vigne où l’on essaie de cueillir les grappes de la joie et de la détresse mêlées, jusqu’au moment violent de l’arrêt final qui vient toujours trop tôt, avant que l’on eût joui de la cueil- lette – În vie [Dans les vignobles], de Vasile Voiculescu ! C’est sur cette fin imman- quablement tragique que se clôt le texte en question, dont la fin mérite d’être rap- pelée ici : Tu te verras, bras nus, sous les coups de fusi Ayant osé cueillir les grappes dans la vie, Au moment où, guetté par de bons tirailleurs, Ton âme sera criblée des balles de la douleur… Dans la prose francophone Dans les écrits de deux des plus connus auteurs de la Suisse romande, Charles-Fer- dinandRamuz etMaurice Chappaz, la vigne et le vin apparaissent comme paraboles de l’amour, de l’Humanité qui est en chacun de nous, de la double (divine et hu- maine) et transférable nature (du vin à l’homme et l’inverse), de l’existence humaine (temps, travaux, épreuves, le tout entre naissance et mort), du langage ou de la Lumière. Notre propos ne permettant pas un développement de ces analyses, vu la richesse des représentations figurales, on voudrait plutôt inviter à la lecture du Chant des cépages romands deMauriceChappaz et du Passage dupoète de Charles- Ferdinand Ramuz. Ce sont les textes qui rassemblent les plus hauts lieux non seule- ment de la figuralité vitivinicole, mais aussi de l’attachement profond de l’homme à sa terre qui forge une identité. Autres figures Une discussion sur les autres figures doit apparaître comme secondaire par rapport à notre sujet central – ce qui justifie la structure du titre : Paraboles et autres fi- gures, mais certainement obligatoire ; la parabole s’édifiant sur la base de différents tropes (la comparaison, la catachrèse, lamétaphore, la personnification, l’allégorie), il est logique et normal d’inverser leur place dans notre propos et de procéder du complexe au (plus ou moins) simple. C’est tout aussi vrai que la lecture des figures peut se faire du bas en haut ou du haut vers le bas, les éléments indépendants étant tous là pour charpenter l’édifice du discours poétique. Tout s’y tient, et c’est surtout le réseau de significations qui fait la spécificité et la beauté de ce type de discours. Que l’on parle d’analogie, de personnification, de comparaison, épithète, catachrèse, synecdoque ou métonymie, de métaphore ou synesthésie, un niveau de figuralité régira constamment notre rapport au vin et les possibilités de l’exprimer de la ma- nière la plus convaincante, vivante ! Dans ce qui suit on proposera des exemples d’emploi pour quelques-unes de ces figures :

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