AGAPES FRANCOPHONES 2016
Bianca-Livia BARTOŞ Hervé Bazin – un faux recours à la parabole 69 2 www.cnrtl.fr, consulté le 28 mars 2016, à 16h. Calé dans le coin droit, côté face du compartiment, je fume une cigarette en li- sant, Dieu me pardonne ! en lisant Le Populaire . Le coin droit, côté face, parce que c’est la place réservée à Folcoche, lorsqu’il advient d’aventure que nous prenions le tortillard d’Angers. La cigarette parce quemon père ne fume presque jamais, et Le Populaire, parce que ce journal est socialiste, donc anti-Rezeau. (Hervé Bazin 1948, 187) Cette révolte et le révolté touchent le point maximal d’intensité plus tard car le lecteur entend l’écrivain qui proclame vers la fin de son roman : Je suis le choix de la révolte. Je suis celui qui vit de tout ce qui les empêche de vivre. Je suis la négation de leurs oui plaintifs distribués à toutes les idées re- çues, je suis leur contradiction, le saboteur de leur patience renommée, un chas- seur de chouettes, un charmeur de serpents, un futur abonné de l’Humanité . (Hervé Bazin 1948, 214) Mais, en se positionnant contre tout Rezeau à cause de sa mère, l’enfant ne fait que prendre la place qui lui est réservée, le siège de la sévérité et de la mesquinerie. Du côté de la parabole, la notion est définie par les dictionnaires comme « [un] court récit allégorique, symbolique, de caractère familier, sous lequel se cache un en- seignement moral ou religieux, que l’on trouve en particulier dans les livres saints et qui fut utilisé par le Christ dans sa prédication. » 2 Les mots clés qui soulignent le but de l’emploi d’une parabole dans le discours sont « enseignement moral ou religieux », des notions qui trahissent l’intention même de la personne qui fait allusion à une parabole de transmettre des valeursmorales chrétiennes ou éthiques. Ce n’est pas le cas d’Hervé Bazin, ainsi que nous allons le voir en prenant, tout d’abord, l’exemple du premier roman que nous allons traiter dans cette étude. Publié en 1952, le roman Lève-toi et marche s’inscrit sur la liste des œuvres qui ont emprunté leur titre à la Bible et plus particulièrement dans ce cas, à la parabole de la guérison duparalytique par Jésus Christ. La parabole raconte que, pendant que Jésus, de retour à Capharnaüm, annonçait sa parole, il voit quatre gens qui amènent un paralytique et qui le font entrer par le toit du bâtiment, à cause de la foule qui les empêchait d’entrer par la porte. Voyant leur foi, Jésus regarde le malade et lui dit avec bonté : «Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »Mais les commentaires de ceux qui ont assisté au moment du salut ont déterminé Jésus à continuer : « Pour que vous sachiez que le Fils de l’Homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre, je te l’ordonne, dit-il au paralysé : Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. » (Marc 2, 1–12). Dans la Bible il y a une deuxième parabole qui traite du même thème de la gué- rison, cette fois d’un boiteux (Actes 3, 1–26). L’évangéliste Matthieu raconte le mo- ment où les apôtres reçoivent le don de guérir les malades : « Puis, ayant appelé ses douze disciples, il leur donna le pouvoir de chasser les esprits impurs, et de guérir toute maladie et toute infirmité. » (Mt 10:1–4). La parabole met en valeur les deux apôtres, Saint Pierre et Saint Jean qui guérissent, à la porte du Temple et au nom de Jésus Christ, un boiteux de naissance, en lui disant : « Je n’ai ni argent ni or, mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ de Nazareth, [lève-toi et] marche ! » (Actes 3, 3) Rempli d’étonnement et de stupeur, le peuple d’Israël suit les
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=