AGAPES FRANCOPHONES 2016
Agapes Francophones 2016 70 deux apôtres pour connaître ceux qui ont réalisé une telle merveille, et ils con- naissent la grâce divine à travers Pierre et Jean. Le peuple découvre la foi en Jésus- Christ et en Dieu le Père, qui accomplit toutes les merveilles du monde. Cependant, le manque de croyance et de conviction n’aboutit pas aux mêmes fins : la parabole racontée dans les Actes finit par la guérison de celui qui croyait en la grâce divine. La protagoniste de Lève-toi et marche, Constance Orglaise, par contre, ne parvient pas à gagner la guerre contre la mort qui l’accapare à la fin du roman. Jeune fille adolescente, paralysée suite à un bombardement en Normandie, Constance s’acharne contre la mort et mène une bataille qu’elle finira par perdre. Elle recourt, dans sa démarche, à toute aide extérieure, en refusant avec violence celle qui aurait pu vraiment la guérir : la foi. Roman d’inspiration autobiographique, le texte porte l’empreinte de la personnalité d’Hervé Bazin en ce qui concerne sa relation avec la divinité : la protagoniste se sent tentée par la religion et noue une forte amitié avec Pascal, jeune protestant et personnage de contradiction, qui s’ef- force de ramener Constance à la bonne foi.Malheureusement, créée par unBazinqui s’est trop éloigné de la religion, elle se met contre les valeurs proposées par la Sainte Église, en affirmant un refus catégorique. Pourquoi Hervé Bazin aurait choisi une telle parabole ? Quel aurait pu être son but ? Un tel choix semble a priori absurde, voire contradictoire. Néanmoins, avant de réaliser son roman, l’écrivain s’informe sur la religion protestante et arrivemême à entretenir une longue correspondance avec un pasteur protestant, afin de trouver toutes les réponses aux questions qui pourraient l’aider à rédiger son roman. Ainsi, il garde une certaine préoccupation pour le sujet, bien que le but n’en soit que dé- risoire. En vue d’aborder avec professionnalisme la maladie de Constance, l’écrivain Bazin recourt de nouveau à une aide spécialisée : à ce propos, il entretient une longue correspondance avec des médecins. Il lit et relit ses fiches, prend des notes et réalise des schémas avec la plus grande précision et minutie. Du côté de sa correspondance avec le pasteur protestant, Hervé Bazin s’intéresse plutôt au sujet de la manière de s’exprimer : à cet égard, il reçoit des conseils de re- formulation, mais le pasteur attire aussi son attention sur quelques aspects et nu- ances du protestantisme, ce qui dénote sonmanque d’expérience en ce domaine. De l’autre côté, l’écrivain fait de sonmieux afin de bienmaîtriser un sujet qu’il considère comme abandonné dans son esprit. C’est la raison pour laquelle il permet à son personnage aussi de lier une solide amitié avec Pascal, mais il ne permet pas de la laisser se fondre dans la foi chrétienne. On est sauvés par la foi en Jésus Christ, tel qu’on le retrouve dans la Bible : « Aujourd’hui, il vous est né un Sauveur, c’est le Christ, le Seigneur. » (Luc 2 : 11) Et plus loin : Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c’est en croyant du cœur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de la bouche qu’on parvient à la sal- vation, selon ce que dit l’Écriture : Car quiconque invoquera le nomdu Seigneur sera sauvé. (Romains 10 : 9, 10, 13) Constance s’éloigne dunomduSeigneur, mais garde une attitude chrétienne au fond de ses actes : elle adopte Claude, un jeune enfant atteint par une maladie qui l’em- pêche de marcher et tente de le guérir. La protagoniste semble lui adresser l’impé- ratif biblique : Lève-toi et marche ! mais sa volonté seule semble ne pas suffire : il
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