AGAPES FRANCOPHONES 2017
MOLNÁR Luca Université de Szeged, Hongrie _____________________________________________________________ 202 II. Sur les lagunes « Tra la, tra la, la, la, la laire ! Qui ne connaît pas ce motif ? » III. Carnaval « Arlequin, nègre par son masque, Serpent par ses mille couleurs, Rosse d’une note fantasque Cassandre son souffre-douleurs. » IV. Clair de lune sentimental « Cette note de chanterelle, Vibrant comme l’harmonica, C’est la voix enfantine et grêle, Flèche d’argent qui me piqua.» (461-464) Même dans le poème intitulé Un voyage à Cythère de Charles Baudelaire, les visiteurs mis en scène sont témoins de la décomposition de l’île dont on a beaucoup chanté : Quelle est cette île triste et noire ? – C’est Cythère, Nous dit-on, un pays fameux dans les chansons, Eldorado banal de tous les vieux garçons. Dans ces poèmes, le silence du XVIII e siècle semble être remplacé par le son, mais un son qui n’est rien d’autre que la musique. Les personnages ne parlent toujours pas, les scènes sont toujours silencieuses, mais les chansons et les mélodies des instruments émanent des fêtes, des bals et des spectacles évoqués dans les poèmes à la manière de Watteau. Le recueil des poèmes, intitulé Fêtes galantes (1869) de Paul Verlaine nous paraît soutenir également cette impression. Le titre du recueil fait référence à l’œuvre de Watteau et à l’ère des véritables fêtes galantes des XVII e et XVIII e siècles 7 et, selon l’auteur des notes de la traduction hongroise de ce recueil, József Szegzárdy-Csengery, c’est effectivement la musique qui a mené Verlaine à Watteau, « [p]arce que parmi les grands peintres rococo du XVIII e siècle, ce sont les toiles de Watteau où on entend le plus et le plus souvent la musique, c’est son imagination qui se tourne le plus souvent vers le monde de la musique. 8 » (417) Effectivement, nous trouvons du son dans plus d’un tiers des poésies contenues dans ce recueil, toujours en relation avec la musique. Les citations suivantes illustrent la présence presque constante de la musique dans le recueil Fêtes galantes : 7 Nous devons tout de même préciser que malgré les points communs, ainsi que la présence de l’amour, le théâtre (surtout le théâtre italien), la nature ou le bal, les fêtes galantes en peinture et les fêtes galantes en poésie ne sont pas équivalentes. Nous ne nous concentrons par la suite que sur les éléments dans l’œuvre de Verlaine qui sont fortement liés à l’univers de Watteau. 8 « Mert a XVIII. század nagy rokokó festői között Watteau vásznain szólal meg leginkább és leggyakrabban a muzsika, az ő képzelete fordul legtöbbször a zene világa felé. » (Notre traduction)
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=