AGAPES FRANCOPHONES 2017

Les noms d’humains généraux « passés sous silence » : du français vers le bulgare _____________________________________________________________ 367 (…) solidarnostta na ES sas vsichki zasegnati ot bedstviata (…) solidarité-la de UE avec tous-les touchés par catastrophes-les Ces exemples se subdivisent en deux types : d’une part (11-12) et (13-15) d’autre part. 1.1. NHG dans un SN à fonction prédicative Dans les exemples du premier type, un SN à NHG a été traduit juste par l’adjectif modifiant le NHG. Ceci est rendu possible par la position attributive (non référentielle a priori ) qui accueille naturellement des adjectifs. Il est à remarquer que dans les énoncés-sources l’effacement du NHG aurait été tout à fait acceptable. Bien entendu, c’est le caractère général du NHG qui permet l’effacement ; si un NH spécifique était utilisé – à condition d’être compatible avec l’adjectif (par ex. élève docile) – l’effacement serait accompagné d’une perte d’information. Ce phénomène soulève naturellement la question de savoir s’il y a une différence interprétative (ou autre) entre un énoncé avec un NHG et un autre où figure juste l’adjectif. En suivant Kupferman (1991), qui reprend les arguments de Wierzbiecka (1986) relativement à la façon de dénoter des noms et des adjectifs, le sujet est interprété comme faisant partie d’un ensemble de référents avec le N/SN (dans Max est un homme méchant , Max est une occurrence de la classe« homme méchant »), alors que l’adjectif seul ne lui attribuerait que la propriété en tant que telle, sans plus (dans Max est méchant, méchant ferait partie de la classe dénotée par la propriété méchanceté ). Pragmatiquement, il nous semble qu’en choisissant de mentionner le NHG, l’affirmation de la qualité chez le sujet est présentée (par l’énonciateur) comme « plus forte », en quelque sorte sans appel : l’humain n’a pas juste la qualité, mais fait partie d’un ensemble de référents caractérisés par cette qualité. Une autre différence concerne l’emploi des adjectifs ambigus entre lecture intersective et non intersective (comme good en anglais et son équivalent bulgare dobar ). Il est vrai que hors contexte, good (cf. Vendler 1967), dans un énoncé comme Mary is good , reçoit par défaut la lecture intersective, la même qu’il aurait dans Mary is a good person/individual (cf. Alexiadou et al 2007). Il n’en reste pas moins vrai que dans un contexte approprié, Mary is good peut signifier que Mary est bonne en tant que danseuse/spécialiste, etc., alors qu’en présence d’un NHG la lecture non intersective est bloquée, quel que soit le contexte. Voici un exemple bulgare (entendu à la télé) où les deux lectures de dobar (gentil/bon) sont contrastées sur la base d’un NHG et d’un NH spécifique (à noter que dans ce cas aucun effacement n’est possible) : (16) Toi e i dobar chovek, i dobar pedagog. Il est et bon homme, et bon pédagogue ‘Il est en même temps une personne gentille et un bon pédagogue.’ Indépendamment de la distinction intersectif/non intersectif, il y a une différence qui est d’ordre aspectuel. Si les énoncés en (11) et (12) sont équivalents, avec ou sans la mention du NHG, c’est qu’ils ont tous les deux une interprétation « individuallevel » (en 12 la traduction par l’équivalent bulgare de enclin de renforce cette interprétation). Or, Paykin et al (2013), en parlant des AEC

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