AGAPES FRANCOPHONES 2017
Angelina ALEKSANDROVA et Vassil MOSTROV Université Paris Descartes , France / Université de Valenciennes, France _____________________________________________________________ 368 (adjectifs d’évaluation du comportement), ont montré (cf. les références qu’ils donnent)que ceux-ci peuvent avoir deux lectures : IL lorsqu’ils sont employés à un temps générique (et sans expansion phrastique) (17, leur 110) et SL quand la phrase reçoit une interprétation événementielle (18, leur 111) : (17) Pierre est vraiment méchant. (18) Pierre a été vraiment méchant hier. Si nous essayons d’ajouter le N homme dans les deux exemples ci-dessus, nous constatons que cela n’est possible que dans l’énoncé à valeur générique : (17’) Pierre est un homme vraiment méchant. (18’) ??Pierre a été un homme vraiment méchant hier. Cela montre que les énoncés avec un NHG reçoivent toujours l’interprétation IL, et par ailleurs dans leur cas ce NHG peut être « effacé ». Par contre, quand il s’agit d’une interprétation SL, on ne peut pas parler d’effacement puisque faire figurer le NHG donne des énoncés non acceptables. Dans ce sens, il est intéressant de noter que parmi les exemples que donnent Paykin et al (op. cit.) pour opposer les deux cas de figure, on en retrouve deux qui contrastent précisément relativement à la présence/absence d’un NHG : (19) Pierre est un homme vraiment sympathique. (IL) (20) Pierre a été très sympathique de me raccompagner. (SL) On sait par ailleurs que certains adjectifs SL peuvent devenir IL si le contexte est approprié. Il est à noter que quand ils modifient un NHG, et que le SN se retrouve dans une position attributive, la lecture ne peut être autre que de type IL, d’où l’inacceptabilité de (21) avec en même temps chovek et dnes : (21) Kim e tajen (*chovek) dnes. Kim est triste (*homme) aujourd’hui ‘Kim est (*un homme) triste aujourd’hui’ En (21), Kim est présenté comme une occurrence de la classe dénotée par tajenchovek (homme triste) ; à partir du moment où il s’agit d’une classe référentielle (décontextualisée), la propriété est normalement présentée comme permanente (pour plus de détails cf. Kupferman 1991). 1.2. NHG dans un SN à fonction référentielle Dans le deuxième type de cas (13-15), l’effacement du NHG ne peut pas entraîner le passage à la catégorie adjectivale car il s’agit de positions syntaxiques réservées à des éléments nominaux (en 13 et 15 il s’agit de régimes de prépositions et en 14 de la fonction COD). Comme le support nominal n’a pas été traduit, son modifieur (adjectif, participe, relative…) doit se présenter sous une forme nominaleen référant à un/des humain(s) ayant telle ou telle « propriété ». Le procédé qui vient naturellement à l’esprit dans ces cas est la conversion, mais on peut également analyser ces GN comme des GN sans nom avec une interprétation « humain par défaut » (cf. Corblin 1995).
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